Cour des comptes française: appel à une stratégie « claire » pour le changement climatique

13 mars 2024 - 11:09

La Cour des comptes française a demandé à l’État de jouer plus clairement son rôle de stratège face au changement climatique.

Dans son rapport public annuel, dévoilé mardi, la Cour met en cause « l’absence de chiffrages exhaustifs et cohérents pour l’ensemble des acteurs publics » des dépenses qui seront nécessaires pour adapter l’Hexagone au changement climatique.

« L’évaluation des coûts actuels et futurs de l’adaptation est lacunaire, voire inexistante, faute de données suffisantes, mais également parfois d’objectifs clairs« , regrettent les magistrats de la Cour.

Certains domaines sont particulièrement visés. Les Sages de la rue Cambon demandent aux armées françaises de redoubler d’efforts pour se décarboner et éviter un décalage à long terme avec le secteur civil.

Les collectivités urbaines françaises ont adopté « tardivement » des stratégies d’adaptation au changement climatique qui ne répondent que partiellement aux enjeux identifiés », souligne, en outre, la Cour. « Leurs effets sur les organisations demeurent limités et l’évaluation des coûts associés est lacunaire », écrit l’institution, appelant à « une rationalisation ».

Face au défi grandissant du changement climatique, elle plaide également pour « des mesures vigoureuses » pour préserver la santé des Français « les plus vulnérables », notamment les citoyens handicapés, davantage affectés par les vagues de chaleur.

Par ailleurs, la Cour des comptes estime que la trajectoire de déficit public prévu par le gouvernement français sur la période de 2023 à 2027 est « peu ambitieuse » et « fragile ».

Revenir en dessous d’un déficit représentant 3% du PIB seulement en 2027 est « peu ambitieux », souligne l’institution dans son document de 700 pages, largement consacrées à l’adaptation au changement climatique, reprochant notamment à l’Exécutif d’entériner un déficit croissant de la sécurité sociale.

Cette trajectoire est aussi « fragile », car elle ne comprend « aucune marge de manœuvre en cas de scénario moins favorable » que les hypothèses macroéconomiques « optimistes » sur lesquelles s’appuie le gouvernement, pointe le rapport.

 

 

 

 

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