Un violent épisode hivernal, baptisé Fern par les services météorologiques américains, perturbe depuis vendredi une grande partie des États-Unis. Considérée comme potentiellement historique, la tempête combine chutes de neige abondantes, verglas persistant et vague de froid extrême, plaçant près de 230 millions d’Américains en état d’alerte.
Dans de nombreuses villes, notamment à Washington, les supermarchés ont été pris d’assaut. Les rayons de produits de première nécessité se sont rapidement vidés, tandis que les autorités locales et des bénévoles ont multiplié les opérations de salage des trottoirs pour limiter les risques de chute. Écoles et universités ont annoncé des fermetures préventives, anticipant plusieurs jours de paralysie.
Le secteur aérien est l’un des plus durement touchés. Les principales compagnies — Delta, United, American ou Southwest — ont annulé près de 4.000 vols sur deux jours. Des hubs majeurs, comme l’aéroport de Nashville, ont tourné au ralenti, illustrant l’ampleur du désordre logistique.
Un front long de plus de 3.000 kilomètres
La neige a commencé à tomber vendredi sur les contreforts sud des Rocheuses avant de progresser vers le Texas et les Grandes Plaines méridionales. Le système traverse ensuite le Midwest et doit atteindre la capitale fédérale, avant de remonter vers New York et Boston. Au total, quarante États, soit près des deux tiers du pays, se préparent à un épisode prolongé.
La situation inquiète particulièrement dans le Sud, moins habitué à ce type de conditions hivernales. Les prévisions évoquent plus de 30 centimètres de neige sur de vastes zones, avec un risque élevé de coupures d’électricité et d’eau, dans un contexte de réseau électrique vieillissant.
À cette tempête s’ajoute l’arrivée, en début de semaine, d’une masse d’air polaire en provenance du Canada. La combinaison des deux phénomènes pourrait faire chuter les températures ressenties jusqu’à -45 °C dans certaines régions du nord, notamment dans le Dakota du Nord et à la frontière entre le Minnesota et le Manitoba.
Climat, politique et communication
Le président Donald Trump a réagi sur son réseau Truth Social, s’interrogeant ironiquement sur le réchauffement climatique avant d’appeler, quelques heures plus tard, la population à la prudence et au respect des consignes officielles. Les climatologues rappellent que la multiplication de ces épisodes extrêmes s’inscrit précisément dans les effets attendus du dérèglement climatique.
Les services météorologiques restent formels : les déplacements non essentiels sont déconseillés, et les infrastructures pourraient rester fragilisées plusieurs jours après le passage de la tempête. L’Amérique, une fois encore, se découvre vulnérable face à la brutalité d’un hiver hors normes.
