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Maroc–UE : Rabat plaide pour un partenariat d’alliés, au-delà du simple voisinage

29 janvier 2026 - 21:50

Le Maroc entend approfondir sa relation avec l’Union européenne sur des bases plus stratégiques, plus équilibrées et plus résilientes. C’est le message central porté par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de la 15ᵉ session du Conseil d’Association Maroc–UE, tenue jeudi à Bruxelles.

Devant ses homologues européens, le chef de la diplomatie marocaine a défendu la nécessité de faire évoluer la relation bilatérale vers un partenariat capable de répondre aux attentes concrètes des deux rives de la Méditerranée, en matière de prospérité partagée, de stabilité régionale et de sécurité collective. Pour Rabat, il ne s’agit plus d’une relation fondée sur la seule proximité géographique, mais d’un projet commun assumé.

Fort de plus d’un demi-siècle de coopération avec l’Union européenne, le Maroc se présente désormais comme un acteur stratégique à part entière. Nasser Bourita a insisté sur l’« offre » que le Royaume met sur la table : stabilité politique, complémentarité économique, compétitivité, connectivité et rôle de passerelle naturelle entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique.

Le ministre a dressé un bilan globalement positif des six dernières années de coopération, marquées par des avancées notables dans les domaines des valeurs partagées, de la convergence économique et sociale, de la coopération sécuritaire et du partage des connaissances. Tout en reconnaissant les défis persistants, il a souligné que la relation entre partenaires stratégiques ne saurait se construire sans prévisibilité ni dialogue en amont.

Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques, Rabat estime que son positionnement fait désormais du Maroc un prolongement naturel de l’espace géopolitique et économique européen. Cette réalité, selon Nasser Bourita, impose un changement de paradigme : passer d’une logique de programmes ponctuels à des axes stratégiques structurants, et d’une relation de voisinage à une relation d’alliance.

L’élévation du partenariat, a-t-il précisé, suppose des engagements clairs, notamment en matière de convergence normative, de mécanismes de concertation de haut niveau et d’investissements conjoints dans les secteurs d’avenir. Elle implique aussi une reconnaissance mutuelle et une responsabilité partagée, condition sine qua non d’un partenariat réellement équilibré.

À cet égard, le Maroc plaide pour une intégration plus étroite dans les processus décisionnels européens lorsqu’ils concernent directement ses intérêts, qu’il s’agisse d’environnement, de commerce, d’infrastructures portuaires ou de normes techniques. Une concertation en amont qui, selon Rabat, constitue le socle de la confiance et de la durabilité du partenariat.

Enfin, le ministre a mis en avant la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, comme une opportunité stratégique majeure. L’événement est perçu comme un accélérateur opérationnel du partenariat Maroc–UE, à travers la modernisation des infrastructures, la transition numérique, la mobilité, la sécurité et le développement durable.

L’échéance 2030, a conclu Nasser Bourita, doit permettre de démontrer concrètement la valeur ajoutée d’un partenariat euro-marocain repensé, ancré dans le réel et orienté vers l’avenir.

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