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Amazon supprime 16 000 postes supplémentaires et accélère son virage vers l’intelligence artificielle

31 janvier 2026 - 15:44

Amazon poursuit sa vaste restructuration mondiale. Le géant du commerce électronique et du cloud a annoncé la suppression d’environ 16 000 emplois corporatifs supplémentaires, une décision qui porte à près de 30 000 le nombre total de postes éliminés depuis octobre 2025. Cette nouvelle vague de licenciements s’inscrit dans une stratégie assumée de simplification organisationnelle et d’accélération de l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus internes du groupe.

L’annonce a été faite par Beth Galetti, vice-présidente senior en charge de l’expérience employé et des technologies, via une publication officielle sur le blog d’Amazon. Selon la direction, cette deuxième phase de réductions d’effectifs résulte de calendriers de réorganisation différenciés : certains départements avaient finalisé leurs ajustements dès l’automne, tandis que d’autres viennent seulement d’achever leurs restructurations internes.

Les suppressions de postes concernent principalement le personnel administratif et technique, notamment au sein d’Amazon Web Services (AWS), pilier de la rentabilité du groupe, mais aussi dans le commerce de détail, Prime Video et les ressources humaines. En revanche, les activités logistiques et les entrepôts, qui emploient la majorité des 1,5 million de salariés du groupe dans le monde, restent pour l’instant en dehors de ce plan.

Une réduction massive de la structure corporative

Sur les quelque 350 000 salariés corporatifs d’Amazon à l’échelle mondiale, les 30 000 suppressions annoncées en trois mois représentent près de 10 % des effectifs administratifs. Il s’agit de l’un des ajustements les plus importants depuis 2023, lorsque l’entreprise avait déjà procédé à 27 000 licenciements après la phase d’expansion accélérée liée à la pandémie.

Pour les employés basés aux États-Unis, Amazon a prévu une période de transition de 90 jours, durant laquelle ils peuvent postuler à d’autres postes internes. À défaut de reclassement, les salariés bénéficieront d’indemnités de départ, d’un accompagnement à la reconversion professionnelle et du maintien temporaire de leur couverture santé. Les modalités varient toutefois selon les législations nationales.

Ces décisions interviennent pourtant dans un contexte financier solide. Le dernier trimestre publié par Amazon fait état d’une hausse des bénéfices de près de 40 %, atteignant environ 21 milliards de dollars, pour des revenus dépassant 180 milliards de dollars. Un contraste qui alimente le débat sur la transformation du travail dans les grandes entreprises technologiques.

L’IA comme moteur de la réorganisation

Le directeur général Andy Jassy avait clairement préparé le terrain. Dès juin 2025, il expliquait que l’essor de l’intelligence artificielle générative réduirait à terme les besoins en main-d’œuvre corporative. Cette projection semble désormais se concrétiser plus rapidement que prévu.

Amazon reconnaît que l’automatisation, l’IA appliquée à l’analyse de données et l’optimisation des flux internes permettent de remplacer certaines fonctions administratives traditionnelles, en particulier celles liées aux tâches répétitives, à la gestion de l’information et à certains services de support. Des médias américains évoquent même, à moyen terme, le remplacement potentiel de centaines de milliers de postes si la robotisation et l’IA se généralisent à l’ensemble des opérations.

Un message interne, diffusé prématurément au sein d’AWS et relayé par la chaîne CNBC, a révélé l’ampleur des inquiétudes en interne. Colleen Aubrey, responsable des solutions d’IA appliquée, y reconnaissait que ces décisions étaient « difficiles », tout en affirmant qu’elles visaient à positionner durablement l’entreprise dans un environnement technologique en mutation rapide.

Un impact limité en Europe, selon Amazon

Auditionné au Parlement européen, David Zapolsky, vice-président chargé des affaires juridiques, a assuré que les licenciements auraient un impact limité sur les opérations européennes, les réductions ciblant principalement des fonctions corporatives globales. Il a également insisté sur les dispositifs d’accompagnement proposés aux salariés concernés, qu’Amazon juge « au-delà des obligations légales ».

En Espagne, la direction a confirmé qu’aucun nouveau plan social n’était prévu à court terme, après l’accord conclu en 2025 avec les syndicats, qui avait déjà entraîné la suppression de 920 postes à Madrid et Barcelone.

Parallèlement, Amazon a annoncé la fermeture progressive de ses magasins physiques Amazon Fresh et Amazon Go aux États-Unis, renforçant encore son recentrage sur le commerce en ligne, la livraison à domicile et les services numériques à forte valeur ajoutée. Une stratégie qui confirme que, pour Amazon, la compétitivité future passe désormais autant par la technologie que par la réduction de ses structures humaines traditionnelles.

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