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Cuba se dit prête au dialogue avec Trump sur fond d’asphyxie économique

07 février 2026 - 12:43

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a affirmé la volonté de La Havane d’engager un dialogue avec les États-Unis, déclarant que Cuba est disposée à discuter « sans pressions ni conditions préalables » et « sur un pied d’égalité ». Cette ouverture intervient alors que l’île fait face à une crise économique et énergétique d’une ampleur inédite depuis plusieurs décennies.

Dans une allocution télévisée — la première depuis l’arrestation de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro début janvier — Díaz-Canel a dénoncé le durcissement de la politique américaine sous la présidence de Donald Trump, qui a accentué la pression économique sur Cuba. Selon EL PAÍS et des informations relayées par l’agence EFE, le chef de l’État cubain a rappelé que l’idée d’un dialogue respectueux avec Washington s’inscrit dans une continuité historique, défendue auparavant par Fidel et Raúl Castro.

Le président a fustigé le blocus américain, qualifié de politique « archaïque et punitive », estimant qu’il a privé les deux peuples d’une relation normale et bénéfique. Il a toutefois démenti l’existence de négociations en cours, contredisant Donald Trump, qui affirme que des échanges de haut niveau auraient déjà commencé.

À Washington, le discours reste contradictoire. Si l’administration américaine évoque un canal de discussion ouvert, elle maintient une stratégie de pression maximale, misant sur l’asphyxie économique plutôt que sur une action militaire directe. La Maison-Blanche estime que Cuba traverse une phase critique et appelle La Havane à faire preuve de « réalisme ».

Sur le terrain, la situation sociale se détériore rapidement. La réduction drastique des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, combinée aux restrictions imposées à d’autres fournisseurs, a entraîné des coupures d’électricité prolongées, une pénurie de carburant et une flambée des prix sur le marché parallèle. Face à cette réalité, Díaz-Canel a une nouvelle fois invoqué la notion de « résistance créative », un discours de plus en plus contesté par une population épuisée.

Dans le même temps, une partie croissante de la société civile cubaine estime que tout dialogue crédible avec Washington devrait inclure la libération des prisonniers politiques, dont le nombre dépasserait le millier. Des juristes évoquent la possibilité d’une amnistie générale comme geste politique majeur, à l’image de celle annoncée récemment au Venezuela.

À court terme, l’avenir de Cuba demeure incertain. Entre pression extérieure, fragilité interne et discours de fermeté, le pays s’avance sur une ligne de crête, tandis que la population redoute une aggravation d’une crise déjà proche du point de rupture.

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