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Maroc : le gouvernement fixe un plafond pour le financement des campagnes électorales dans l’espace numérique

30 mars 2026 - 08:56

Le gouvernement marocain a adopté un projet de décret encadrant le financement des campagnes électorales pour les législatives, avec une nouveauté majeure : l’introduction d’un plafond spécifique aux dépenses liées au numérique, aux réseaux sociaux et aux outils d’intelligence artificielle.

Le gouvernement a franchi un nouveau pas dans l’adaptation du cadre électoral aux mutations du paysage médiatique et politique. Jeudi dernier, l’Exécutif a validé un projet de décret portant sur le plafonnement des dépenses électorales des candidats aux élections de la Chambre des représentants, en intégrant pour la première fois des dispositions spécifiques à l’espace numérique.

Selon les détails obtenus par Alyaoum24, le texte prévoit de relever le plafond global des dépenses autorisées par candidat de 500.000 à 600.000 dirhams, afin de tenir compte de l’augmentation du coût des campagnes et de l’élargissement des outils de communication politique.

L’une des principales nouveautés du décret réside dans l’actualisation de la définition des dépenses électorales. Le texte abandonne une approche limitée à la seule notion d’« internet » pour adopter une définition plus large des moyens numériques, en phase avec l’évolution rapide des modes de communication et d’influence électorale.

Désormais, les dépenses engagées sur les réseaux sociaux, les plateformes de diffusion en ligne, les applications d’intelligence artificielle ainsi que tout support électronique reposant sur des systèmes informatiques seront explicitement prises en compte.

Le champ des contenus concernés est également élargi. Outre les annonces publicitaires, le décret inclut les appels, interventions, débats, entretiens et l’ensemble des contenus liés à la communication politique numérique.

Autre point notable : les dépenses liées à l’établissement du compte financier de campagne pourront être intégrées au budget électoral, même si elles sont réalisées dans les quinze jours suivant la fin du délai légal de comptabilisation.

Cette mesure vise à renforcer la transparence du financement des campagnes et à permettre une prise en compte plus fidèle des coûts réels, notamment pour les listes bénéficiant d’un soutien public, y compris les listes de jeunes.

Concernant spécifiquement le numérique, le projet fixe un plafond distinct. Les dépenses consacrées à cet espace ne pourront pas dépasser un tiers du plafond global alloué à chaque candidat.

Le texte précise également des plafonds maximaux :

  • 800.000 dirhams pour les listes locales
  • 1,5 million de dirhams pour les listes régionales

Cette réforme traduit la volonté des autorités d’encadrer un terrain devenu central dans les campagnes électorales contemporaines, où les réseaux sociaux, la publicité ciblée et les outils algorithmiques jouent un rôle croissant dans la mobilisation des électeurs.

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