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Affaire libyenne : Sarkozy promet de répondre « par la vérité » aux familles des victimes de l’attentat de l’UTA

07 avril 2026 - 10:14

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a réaffirmé, ce mardi, son innocence lors de la première journée de son interrogatoire dans le procès en appel relatif au financement présumé libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Face aux familles des victimes de l’attentat contre le vol UTA de 1989, il a assuré vouloir répondre « par la vérité ».

« On ne peut répondre à une souffrance aussi inexplicable que par la vérité », a déclaré l’ex-chef de l’État depuis le banc des accusés, en s’adressant aux proches des 170 victimes de l’attentat contre le DC-10 de la compagnie UTA, dont 54 Français. Plusieurs familles se sont constituées parties civiles dans cette affaire. ()

Le parquet reproche à Sarkozy d’avoir bénéficié de fonds en provenance du régime de Muammar Gaddafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007, en contrepartie de gestes diplomatiques et judiciaires, notamment autour du dossier d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi et figure centrale du régime, condamné à perpétuité par contumace pour l’attentat de l’UTA. ()

Certaines familles de victimes, entendues la semaine dernière, avaient dénoncé la place marginale accordée à leur douleur dans un dossier devenu hautement politique. Le procès a pris une dimension historique depuis la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison en septembre 2025, une décision sans précédent pour un ancien président français. ()

Pour la première fois depuis l’ouverture de l’audience le 16 mars, l’ancien président s’est présenté au tribunal accompagné de son épouse, Carla Bruni.

« On ne répare pas une souffrance par une injustice », a-t-il affirmé, avant de nier de nouveau l’ensemble des faits retenus contre lui : « Il n’y a pas un centime d’argent libyen dans ma campagne. Je n’ai jamais agi en faveur de Senoussi, ni promis quoi que ce soit. »

Sarkozy a également justifié son déplacement en Libye en 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, par les efforts diplomatiques engagés en vue de la libération des infirmières bulgares, finalement obtenue après son arrivée à l’Élysée en 2007.

L’ancien chef de l’État a catégoriquement rejeté toute influence du régime libyen sur ses décisions : « Kadhafi n’avait aucune influence sur moi, ni sur le plan politique ni personnel. »

Prévu sur trois jours, cet interrogatoire doit également revenir sur les débuts de la campagne présidentielle de 2007, ravivant les tensions qui opposaient alors Sarkozy à Jacques Chirac ainsi qu’à son ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

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