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Des attaques contre les installations énergétiques saoudiennes retirent 600 000 barils par jour du marché

10 avril 2026 - 12:56

 L’Arabie saoudite a annoncé jeudi l’arrêt partiel des opérations dans plusieurs installations énergétiques à travers le Royaume, à la suite des frappes iraniennes qui ont récemment visé des infrastructures stratégiques dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Citant une source responsable au ministère saoudien de l’Énergie, l’agence de presse officielle saoudienne a indiqué que plusieurs installations vitales du secteur énergétique ont été touchées, notamment des sites de production de pétrole et de gaz, des infrastructures de transport et de raffinage, ainsi que des installations pétrochimiques et du secteur électrique situées à Riyad, dans la province orientale et à Yanbu Industrial City.

Ces attaques ont entraîné la suspension de plusieurs opérations dans des installations clés du système énergétique, provoquant une baisse de la capacité de production du Royaume de 600 000 barils par jour.

Selon la même source, les frappes ont également causé la mort d’un citoyen saoudien et fait sept blessés, sans que les lieux exacts des victimes ne soient précisés.

Parmi les infrastructures visées figure une station de pompage de l’oléoduc Est-Ouest, axe stratégique pour l’acheminement du brut vers les marchés mondiaux. Cette attaque a provoqué la perte d’environ 700 000 barils par jour de capacités de pompage sur cette ligne, devenue particulièrement cruciale en raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient près d’un cinquième des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Doté d’une capacité de transport de sept millions de barils de pétrole brut par jour, cet oléoduc a vu son importance croître considérablement ces dernières semaines.

La source a également précisé que le site de production de Manifa a été touché, entraînant une réduction de sa production d’environ 300 000 barils par jour, tandis que le complexe de Khurais, déjà ciblé auparavant, a subi une baisse équivalente.

Au total, ces attaques ont ramené la production saoudienne à un niveau inférieur de 600 000 barils par jour, alors que le Royaume produit habituellement un peu plus de 10 millions de barils quotidiens.

Les frappes ont également touché plusieurs grandes raffineries, notamment les installations de SATORP à Jubail, la raffinerie de Ras Tanura, celle de SAMREF à Yanbu ainsi que la raffinerie de Riyad, affectant directement les exportations de produits raffinés vers les marchés mondiaux.

Les autorités saoudiennes ont averti que la poursuite de ces attaques pourrait entraîner une pénurie d’approvisionnement et ralentir le rythme de rétablissement de la production, avec des répercussions directes sur la sécurité énergétique des pays importateurs et une accentuation de la volatilité des marchés pétroliers.

Elles ont également signalé l’épuisement d’une partie importante des stocks opérationnels et des réserves d’urgence mondiales, limitant la capacité de réponse face à cette réduction de l’offre.

Iran a intensifié ses frappes de représailles contre plusieurs pays du Golfe depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre la République islamique, déclenchée le 28 février, avant qu’une trêve de deux semaines n’entre en vigueur mercredi.

Parmi les cibles figurent la base aérienne Prince Sultan, près de Riyad, où sont stationnés des militaires américains, l’ambassade des États-Unis dans le quartier diplomatique de la capitale saoudienne, ainsi que plusieurs infrastructures énergétiques majeures sur la côte orientale du Royaume.

Téhéran menace depuis plusieurs semaines de viser les infrastructures civiles des pays du Golfe, accusant ses voisins d’avoir permis aux forces américaines de lancer des attaques depuis leurs territoires — des accusations que les États concernés rejettent fermement.

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