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Énergie : le Maroc accélère sur l’hydrogène vert et vise l’Europe, affirme l’ambassadeur Amin Chaoudri

14 avril 2026 - 12:03

Dans un entretien accordé à la revue spécialisée Energía Bolivia, basée à Santa Cruz de la Sierra, l’ambassadeur du Royaume du Maroc, Amin Chaoudri, a mis en lumière les grandes orientations de la stratégie énergétique marocaine, avec un accent particulier sur le développement de l’hydrogène vert, présenté comme un levier stratégique majeur pour les années à venir.

Selon le diplomate, le Royaume ambitionne de se positionner comme un fournisseur clé d’énergie propre vers l’Europe, en attirant des investissements estimés entre 10 et 30 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Cette dynamique s’inscrit dans la transition énergétique progressive engagée par le Maroc, marquée par une réduction continue du poids du charbon dans le mix électrique national.

Alors que le charbon représentait encore plus de 70 % de la production électrique en 2022, sa part est tombée à environ 60 % en 2025, signe d’un basculement graduel vers des sources plus durables. Dans le même temps, les énergies renouvelables atteignent désormais près de 27 % de la production, tandis qu’elles représentent plus de 40 % de la capacité installée, avec un objectif officiel de 52 % à l’horizon 2030.

L’entretien met également en avant le rôle central des grands projets solaires et éoliens, à commencer par le complexe Complexe solaire Noor Ouarzazate, considéré comme l’un des plus importants au monde. À cela s’ajoute le développement du potentiel hydroélectrique, toujours présenté comme un pilier historique du mix renouvelable marocain.

Sur le plan économique, l’ambassadeur souligne le poids structurant du secteur minier, dominé par le phosphate. Le groupe OCP Group demeure au cœur de cette stratégie, à la fois en matière d’exportations et de transition écologique. Le responsable évoque notamment un vaste programme de décarbonation, avec des investissements dépassant 13 milliards de dollars d’ici 2027, orientés vers les énergies renouvelables, l’ammoniac vert et la neutralité carbone avant 2040.

La gestion de l’eau constitue un autre axe majeur mis en avant. Face au stress hydrique, le Royaume a renforcé sa stratégie de résilience à travers la désalinisation, avec plus de 15 stations en fonctionnement en 2025, destinées à sécuriser les besoins urbains et industriels, y compris dans l’activité minière.

Enfin, malgré la diversification accélérée de l’économie nationale, le tourisme reste, selon Amin Chaoudri, un pilier essentiel du rayonnement et de la croissance du Royaume. En 2025, le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs, générant plus de 13 milliards de dollars de recettes, ce qui confirme sa place parmi les destinations majeures de la Méditerranée et du continent africain.

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