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IA, paix et sécurité : le Maroc plaide pour une souveraineté numérique africaine

16 avril 2026 - 15:43

Le Maroc poursuit son plaidoyer en faveur d’une intelligence artificielle pensée comme levier de stabilité et de souveraineté pour le continent. Jeudi, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a pris part par visioconférence à la réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, consacrée aux implications de l’intelligence artificielle sur la gouvernance, la paix et la sécurité en Afrique.

Cette intervention s’inscrit dans le prolongement de la première réunion ministérielle du CPS dédiée à l’IA, tenue le 20 mars 2025 sous présidence marocaine, et qui avait marqué un tournant dans la réflexion africaine sur la gouvernance technologique. Rabat rappelle que plusieurs recommandations ont depuis connu des avancées tangibles, notamment l’adoption de la Déclaration africaine sur l’intelligence artificielle et l’annonce d’un Fonds africain dédié à cette technologie.

Dans son allocution, M. Bourita a souligné que la vision marocaine repose sur une conviction stratégique : faire de l’IA un instrument de souveraineté, de développement et d’action publique. Une orientation qui s’inscrit, selon lui, dans la vision de SM le Roi Mohammed VI, et qui se traduit par le soutien du Royaume aux initiatives continentales visant à garantir un accès équitable et maîtrisé aux technologies émergentes.

Le chef de la diplomatie marocaine a mis en garde contre trois zones de vulnérabilité majeures.

La première concerne la gouvernance, à l’heure où la prolifération des contenus manipulés, des deepfakes et des campagnes de désinformation fragilise les processus démocratiques et altère la confiance dans les institutions.

La deuxième touche à la conflictualité, avec l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans les dynamiques de crise, notamment à travers la diffusion ciblée de discours de haine, la manipulation algorithmique des opinions publiques et l’exacerbation des fractures sociales.

La troisième porte sur le maintien de la paix, dans des environnements sécuritaires de plus en plus hybrides, saturés de flux informationnels complexes et de menaces diffuses.

Face à ces défis, le Maroc a proposé la mise en place de mécanismes africains de veille, d’alerte précoce et de réponse rapide contre les manipulations informationnelles, ainsi que le renforcement des compétences humaines dans les métiers de l’IA. Rabat plaide également pour l’élaboration de cadres d’engagement avec les plateformes numériques et pour le développement de solutions africaines dédiées à la prévention des conflits et au soutien des opérations de paix.

En conclusion, M. Bourita a rappelé les avancées nationales en matière de numérique, citant notamment la stratégie « Maroc Digital 2030 » ainsi que l’initiative « AI Made in Morocco », avant de réaffirmer l’ambition du Royaume : contribuer à l’émergence d’une intelligence artificielle africaine, souveraine, responsable et résolument tournée vers les intérêts des peuples du continent.

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