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Riyad accélère : un corridor logistique relie le Golfe à l’Europe via l’Égypte

17 avril 2026 - 10:35

L’Arabie saoudite franchit une nouvelle étape dans sa stratégie logistique en lançant un corridor multimodal reliant l’Europe au Golfe, via l’Égypte et la ville futuriste de Neom.

Selon les autorités portuaires saoudiennes, ce nouveau dispositif repose sur un modèle hybride « mer–terre », combinant transport maritime par ferries et acheminement routier, afin de proposer une alternative plus rapide et plus flexible aux routes traditionnelles du commerce international.

Le projet a été mis en œuvre en partenariat avec l’opérateur égyptien Pan Marine, avec l’appui d’un acteur danois et de plusieurs partenaires régionaux, dans un contexte marqué par les tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz.

Une route alternative face aux incertitudes géopolitiques

Ce corridor s’inscrit dans une reconfiguration plus large des chaînes d’approvisionnement mondiales, confrontées à des risques croissants dans certaines zones stratégiques.

Concrètement, les marchandises en provenance d’Europe sont acheminées vers des ports égyptiens comme Safaga ou Damiette, avant d’être transportées par voie terrestre ou maritime vers Neom, puis redistribuées vers les pays du Conseil de coopération du Golfe.

Ce système vise en priorité les flux sensibles au facteur temps, notamment les produits de grande consommation et les marchandises réfrigérées, pour lesquels les délais de livraison constituent un enjeu déterminant.

Neom, pivot d’un nouveau réseau régional

Le port de Neom, situé au nord-ouest de l’Arabie saoudite sur la mer Rouge, se positionne comme un point nodal dans cette architecture logistique.

Sa proximité avec le canal de Suez et plusieurs ports égyptiens en fait une plateforme stratégique à l’intersection des routes commerciales entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Les premiers flux commerciaux ont déjà été enregistrés, avec des cargaisons en provenance de marchés européens à destination de pays du Golfe tels que les Émirats arabes unis, le Koweït, l’Irak et le Sultanat d’Oman.

Une logique d’intégration régionale

Au-delà de la dimension logistique, ce projet traduit une volonté plus large d’intégration économique entre l’Égypte, l’Arabie saoudite et leurs partenaires régionaux.

En diversifiant les itinéraires et en réduisant la dépendance à certains points de passage critiques, Riyad entend renforcer la résilience de ses échanges commerciaux dans un environnement international de plus en plus incertain.

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