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UNICEF : le changement climatique perturbe l’éducation de 130 millions d’enfants en Afrique

20 avril 2026 - 10:50

Le changement climatique a déjà interrompu la scolarité de près de 130 millions d’enfants en Afrique orientale et australe, tout en causant environ 1,3 milliard de dollars de dégâts aux infrastructures éducatives, a alerté ce lundi UNICEF.

Selon un rapport conjoint de l’UNICEF et du cabinet de conseil Dalberg, ces perturbations éducatives pourraient entraîner des pertes de revenus futurs estimées à 140 milliards de dollars. Ce chiffre pourrait atteindre 380 milliards de dollars d’ici 2050, à mesure que les effets du changement climatique s’intensifient et touchent potentiellement jusqu’à 520 millions d’élèves.

« Les enfants paient le prix le plus élevé pour une crise qu’ils n’ont pas provoquée », a déclaré Etleva Kadilli, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et australe. Elle a souligné que, pour la première fois, ce rapport mesure l’ampleur réelle des pertes et dommages climatiques sur l’éducation.

Elle a également regretté que l’impact du climat sur l’enfance demeure presque invisible dans les décisions de financement international, appelant à un changement urgent des priorités.

Le rapport, intitulé Protéger l’avenir de l’apprentissage des enfants : quantifier les pertes et dommages liés au climat en Afrique orientale et australe, rappelle que l’éducation reçoit moins de 1,5 % du financement climatique mondial.

Pourtant, renforcer la résilience climatique des écoles représente un investissement hautement rentable : chaque dollar investi pourrait générer jusqu’à 13 dollars de bénéfices futurs, grâce à la préservation du développement humain et de la productivité à long terme.

L’étude menée dans plusieurs pays comme l’Éthiopie, le Kenya, le Mozambique, la Somalie et la Zambie montre que les événements météorologiques extrêmes aggravent fortement la précarité des enfants.

En Zambie, entre 2005 et 2024, les inondations et les sécheresses ont perturbé la scolarité de 5 millions d’élèves, provoquant 60 millions de dollars de pertes immédiates sur les infrastructures scolaires et jusqu’à 5 milliards de dollars de pertes de revenus futurs.

La sécheresse liée au phénomène El Niño en Afrique australe entre 2023 et 2024 a également privé près de 10 millions de personnes d’accès suffisant à l’alimentation, à l’eau ou à l’électricité, obligeant de nombreuses écoles à réduire leurs horaires, fermer temporairement ou renvoyer les élèves chez eux plus tôt.

Les enfants des zones rurales ont été les plus touchés, beaucoup étant contraints d’abandonner l’école pour soutenir leurs familles ou exposés davantage au risque de mariage précoce.

Ce rapport a été publié avant la réunion du conseil du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages (FRLD), qui se tient cette semaine à Livingstone, en Zambie.

L’UNICEF appelle désormais ce fonds international à reconnaître pleinement les enfants comme titulaires de droits dans les mécanismes de financement climatique.

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