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Amnesty International alerte sur un nouvel ordre mondial imposé par des dirigeants « prédateurs »

21 avril 2026 - 09:33

Amnesty International a lancé mardi l’une de ses mises en garde les plus sévères de ces dernières années, affirmant que le monde entre dans une phase de décomposition accélérée de l’ordre international, sous l’impulsion de dirigeants qu’elle qualifie de « prédateurs ».

Dans son rapport annuel 2025-2026, présenté à Londres, l’organisation accuse des responsables comme Donald Trump, Vladimir Putin et Benjamin Netanyahu d’imposer une logique de domination fondée sur la force, la guerre et le mépris du droit international, fragilisant les institutions construites après la Seconde Guerre mondiale.

Lors de la présentation du document, la secrétaire générale de Amnesty International, Agnès Callamard, a qualifié ces dirigeants de « prédateurs », affirmant qu’en 2025, « Donald Trump, Vladimir Poutine ou Benjamin Netanyahu, pour ne citer qu’eux, ont poursuivi une stratégie de conquête dictée par leur soif de domination économique, multipliant destruction, répression et violence mondiale à grande échelle ».

Le rapport consacre une large place à Gaza, où Amnesty estime que le gouvernement israélien a poursuivi « son génocide contre la population », malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025. L’ONG déplore l’absence de mesures internationales significatives pour mettre fin à cette situation et critique la passivité de nombreux dirigeants européens.

Elle souligne toutefois que l’Espagne et la Slovénie font exception au sein de l’Union européenne, pour avoir qualifié publiquement la guerre menée à Gaza de génocide.

Concernant les États-Unis, Amnesty dénonce des « homicides extrajudiciaires » au-delà de leurs frontières, affirmant que Washington a mené des actions jugées illégales contre le Venezuela et l’Iran. Selon le rapport, au moins 123 personnes auraient été tuées dans le cadre d’opérations antidrogue dans les Caraïbes et le Pacifique, ce que l’organisation qualifie d’exécutions extrajudiciaires.

Sur le plan intérieur, l’ONG affirme que 1.143 personnes ont été tuées par balles par la police américaine en 2025, avec une proportion excessive de personnes noires parmi les victimes. Elle dénonce également la montée de la répression contre les manifestations, les journalistes et les défenseurs des droits humains dans plusieurs pays d’Amérique latine.

Le Brésil, le Honduras, le Pérou, la Colombie, le Nicaragua et l’Argentine figurent parmi les pays cités. Amnesty évoque notamment des poursuites judiciaires visant huit journalistes engagées par le président Javier Milei. Au Nicaragua, l’organisation critique une nouvelle réglementation facilitant la suppression arbitraire du statut juridique des organisations de défense des droits humains.

L’organisation alerte également sur les attaques visant les institutions multilatérales, notamment la Cour pénale internationale et le GIEC, estimant que les sanctions américaines contre certains magistrats et procureurs de la CPI constituent l’un des signes les plus graves de cette dérive.

Amnesty salue néanmoins certaines formes de résistance civile, comme les actions de dockers en Espagne, en France et au Maroc pour perturber l’envoi d’armes vers Israël, ainsi que l’engagement de citoyens américains opposés aux opérations du service migratoire ICE.

Au-delà du constat, le message de l’ONG est clair : si la diplomatie cède face à la loi du plus fort, le danger n’est plus une crise passagère, mais l’installation durable d’un ordre mondial où la guerre remplace le droit.

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