>

Washington envisage de sanctionner des alliés de l’OTAN : l’Espagne dans le viseur, les Malouines relancées

25 avril 2026 - 18:33

Un courriel interne du Pentagone révèle que les États-Unis étudient plusieurs options pour sanctionner certains alliés de l’OTAN jugés insuffisamment solidaires dans la guerre contre l’Iran, notamment l’Espagne, tandis que la question sensible des îles Malouines refait surface sur le front diplomatique.

Selon un responsable américain cité par Reuters, un document interne préparé par Elbridge Colby, principal conseiller politique du Pentagone, expose plusieurs scénarios destinés à répondre au refus ou à l’hésitation de certains alliés européens d’accorder aux États-Unis l’accès à leurs bases militaires, à leur espace aérien ou à leurs infrastructures logistiques durant les opérations contre l’Iran. Ces facilités, connues sous l’acronyme ABO (access, basing and overflight), sont considérées par Washington comme le minimum attendu d’un allié de l’OTAN. ()

Le mémo évoque notamment la possibilité de suspendre l’Espagne de certaines fonctions importantes ou symboliques au sein de l’Alliance atlantique. L’objectif serait moins militaire que politique : envoyer un signal fort aux partenaires européens accusés par l’administration Trump de bénéficier de la protection américaine sans en assumer pleinement les contreparties. Le document précise toutefois qu’il ne s’agit ni d’un projet de retrait des États-Unis de l’OTAN ni d’une fermeture des bases américaines en Europe. ()

Le porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a confirmé l’existence de discussions internes sans détailler davantage les options examinées. Il a rappelé la position de Donald Trump selon laquelle les alliés de l’OTAN n’ont pas soutenu Washington à la hauteur des engagements américains.

Du côté de l’OTAN, un responsable a rappelé que le traité fondateur de l’Alliance ne prévoit aucun mécanisme permettant de suspendre ou d’exclure un État membre, ce qui limite fortement la portée juridique de cette menace. ()

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a réagi avec prudence, affirmant que Madrid ne travaille pas « sur la base d’e-mails », mais uniquement à partir de documents officiels et de positions gouvernementales formelles. Il a insisté sur le fait que l’Espagne reste un partenaire loyal de l’Alliance, dans le respect du droit international. ()

Autre point sensible du mémo : la réévaluation du soutien diplomatique américain aux « possessions impériales européennes », parmi lesquelles figurent les îles Malouines, administrées par le Royaume-Uni mais toujours revendiquées par l’Argentine.

Le président argentin Javier Milei, proche de Donald Trump, s’est montré optimiste quant à une possible évolution de la position américaine sur ce dossier. Londres, de son côté, a immédiatement réaffirmé que la souveraineté des Malouines « n’est pas négociable » et que le droit à l’autodétermination des habitants reste la base de sa position officielle. ()

Derrière cette fuite apparaît une réalité plus profonde : la relation transatlantique traverse une zone de forte turbulence. L’administration Trump ne cherche peut-être pas à quitter l’OTAN, mais elle semble vouloir redéfinir brutalement les règles de loyauté au sein de l’Alliance.

La question n’est donc plus seulement militaire. Elle devient politique : jusqu’où Washington est-il prêt à transformer l’OTAN en instrument de discipline stratégique plutôt qu’en alliance de sécurité collective ?

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *