Après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse et la pression sur les ressources fourragères, le secteur de l’élevage au Maroc amorce une reprise progressive. Le ministère de l’Agriculture évoque une amélioration encourageante, portée par les récentes pluies et par une stratégie de restructuration des filières animales.
Le secteur de l’élevage commence à montrer des signes de redressement, même si la reprise reste lente et inégale selon les filières. C’est ce qu’a indiqué Toufiq El Achabi, directeur du développement des filières de production au ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, en marge de la 18e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM).
Selon lui, l’élevage fait aujourd’hui face à trois défis majeurs. Le premier concerne la durabilité, fragilisée par la rareté des ressources alimentaires pour le bétail après plusieurs années consécutives de sécheresse, avec un impact direct sur la production de lait, de viande et même sur l’apiculture.
Le deuxième défi touche à la rentabilité des exploitations. De nombreux éleveurs peinent à bénéficier de la valeur ajoutée malgré la hausse des prix sur les marchés, ce qui fragilise particulièrement les petites exploitations.
Enfin, le troisième enjeu est d’ordre technique : il s’agit de renforcer l’encadrement des éleveurs et de développer leurs compétences, notamment dans un tissu agricole dominé à près de 90 % par de petites structures familiales.
Pour répondre à ces contraintes, le ministère a mis en place plusieurs contrats-programmes couvrant les différentes filières animales. Cette stratégie repose sur quatre axes principaux : l’amélioration génétique du cheptel, le renforcement de la santé animale, le développement des systèmes d’alimentation du bétail et l’accompagnement des producteurs, avec un encouragement particulier à l’organisation en coopératives.
Toufiq El Achabi souligne également que les pluies exceptionnelles enregistrées cette saison ont constitué un tournant positif. Elles ont permis d’améliorer le couvert végétal, de renforcer la productivité des pâturages et de réduire les coûts d’alimentation, notamment pour les ovins, les caprins et les camelins.
Des signaux de reprise apparaissent aussi dans la production de fourrages, surtout dans les grandes zones irriguées, ce qui pourrait relancer progressivement la filière laitière après une période de recul.
Sur le marché, la demande en animaux destinés à la reproduction commence également à augmenter, signe que de nombreux éleveurs cherchent à reconstituer leurs troupeaux et à relancer le cycle de production.
Le responsable reste toutefois prudent : la reprise sera plus rapide pour les petits ruminants que pour le cheptel bovin, qui nécessitera davantage de temps et un accompagnement plus soutenu.
Le ministère estime néanmoins que la campagne agricole actuelle ouvre une nouvelle phase de reconstruction pour le secteur, soutenue à la fois par de meilleures conditions climatiques et par l’intensification des efforts publics.
