Le leader de Vox a lancé à Jaén, dans le sud de l’Espagne, une campagne marquée par un durcissement du discours sur l’immigration et une offensive politique contre le gouvernement de Pedro Sánchez.
Le lancement de la campagne électorale en Andalousie, l’une des principales régions d’Espagne, s’est ouvert sous le signe de la confrontation. À Jaén, devant plusieurs centaines de sympathisants, Santiago Abascal a donné le ton en plaçant l’immigration au cœur de son discours, dans une stratégie assumée de polarisation.
Le dirigeant de Vox s’est attaqué frontalement à la mesure de régularisation exceptionnelle de migrants annoncée par le gouvernement espagnol. Présentée par l’exécutif comme un dispositif encadré visant à intégrer des travailleurs en situation irrégulière, cette initiative est dénoncée par Vox comme une menace pour l’équilibre social du pays. Abascal a ainsi évoqué une « islamisation » et une « invasion migratoire », reprenant une rhétorique qui s’inscrit dans une lecture identitaire du phénomène migratoire.
Au-delà des formules, le parti entend traduire cette opposition sur le terrain judiciaire. Vox a confirmé qu’il poursuivrait ses recours contre le dispositif, s’inscrivant dans une stratégie de contestation globale de la politique migratoire menée par le gouvernement de Pedro Sánchez. Les arguments avancés par la formation reposent notamment sur l’idée d’une transformation démographique du pays, une thèse contestée par les organisations de défense des droits humains et par la communauté académique, qui en soulignent l’absence de fondement empirique.
Dans un second temps, Abascal a élargi son intervention aux enjeux économiques, en particulier à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, entré en vigueur le même jour. Devant un public issu en grande partie du monde rural, il a dénoncé un traité qu’il juge préjudiciable au secteur agricole espagnol, en particulier dans une province comme Jaén, premier bassin mondial de production d’huile d’olive.
Ce choix de localisation s’inscrit dans une stratégie de conquête du vote rural. En Andalousie, où le vote rural joue un rôle déterminant, Vox cherche à s’imposer comme une alternative crédible au Parti populaire. La présence du candidat régional Manuel Gavira aux côtés d’Abascal illustre cette volonté d’ancrage territorial dans une région où les équilibres politiques restent incertains.
Le discours s’est enfin orienté vers une critique directe du chef du gouvernement. Abascal a multiplié les accusations contre Pedro Sánchez, évoquant des affaires supposées sans qu’elles ne soient étayées par des décisions judiciaires. Il a également mis en doute la régularité des prochains scrutins, des déclarations qui s’inscrivent dans une stratégie de délégitimation des institutions.
Ce premier meeting confirme la ligne adoptée par Vox à l’ouverture de la campagne : un positionnement de rupture, articulé autour des questions migratoires, économiques et institutionnelles. Dans un paysage politique fragmenté, le parti pourrait jouer un rôle déterminant à l’issue du scrutin du 17 mai, en conditionnant la capacité du Parti populaire à gouverner seul ou à devoir s’appuyer sur lui
