Les dernières données du Haut-Commissariat au Plan révèlent une cartographie contrastée du marché du travail au Maroc, marquée par de fortes disparités régionales. Certaines zones affichent une dynamique soutenue en matière d’emploi, tandis que d’autres continuent de souffrir d’un faible niveau d’intégration économique et d’un chômage élevé.
Au premier trimestre 2026, le taux d’activité national s’est établi à 41,8 %. Six régions dépassent ce seuil, traduisant une vitalité économique plus marquée. La région de Dakhla-Oued Eddahab arrive en tête avec un taux de 63,9 %, suivie de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (46,4 %) et de Casablanca-Settat (45,6 %). Laâyoune-Sakia El Hamra (43,1 %), Rabat-Salé-Kénitra (42,6 %) et Marrakech-Safi (42,2 %) se situent également au-dessus de la moyenne nationale.
À l’inverse, plusieurs régions affichent des niveaux de participation nettement inférieurs. Drâa-Tafilalet enregistre le taux le plus bas, avec 31,1 %, suivie de l’Oriental (37 %) et de Guelmim-Oued Noun (37,2 %). Ces chiffres traduisent une part importante de la population en âge de travailler en dehors du marché du travail, révélant des fragilités structurelles et un déficit d’opportunités.
Les écarts se creusent davantage en matière de chômage. La région de Laâyoune-Sakia El Hamra affiche le taux le plus élevé avec 20,3 %, soit près du double de la moyenne nationale (10,8 %). L’Oriental (14,9 %), Guelmim-Oued Noun (14,8 %) et Fès-Meknès (14,2 %) figurent également parmi les régions les plus touchées.
Même les pôles économiques ne sont pas épargnés. Le chômage dépasse la moyenne nationale à Rabat-Salé-Kénitra (10,9 %) et à Casablanca-Settat (12,7 %), malgré des niveaux de participation élevés.
À l’opposé, certaines régions présentent des indicateurs plus favorables. Dakhla-Oued Eddahab (5,7 %), Marrakech-Safi (7 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (7,3 %) enregistrent les taux de chômage les plus faibles, reflétant une capacité plus soutenue à créer des emplois.
Ces données s’inscrivent dans le cadre de l’enquête sur les forces de travail 2026, première du nouveau dispositif statistique marocain aligné sur les standards internationaux de l’Organisation internationale du travail, offrant ainsi une lecture plus fine et actualisée du marché de l’emploi.
