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Algérie/Mali : un avertissement qui interroge le Maghreb

02 juillet 2025 - 11:54

Devant la Conférence internationale de Séville sur le financement du développement, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a lancé un avertissement direct. Il a affirmé que « les pays du Sahel font face depuis une décennie à un terrorisme qui leur a été imposé, caractérisé par une implication avérée de sponsors étatiques étrangers ».

Ces mots visent principalement l’Algérie. Depuis des années, Bamako accuse Alger d’abriter ou de négocier avec des groupes armés maliens, sous couvert de médiation. Pour le gouvernement malien, ces négociations ont parfois renforcé l’influence de ces groupes et fragilisé l’État central.

Cette accusation publique survient alors que le Mali se rapproche de la Russie et s’éloigne de la France. Elle révèle aussi une tension croissante entre Bamako et Alger qui cherche à garder son statut de médiateur régional.

Pour le Maroc, cette déclaration ouvre un constat simple : l’Algérie, qui prétend jouer le rôle de stabilisateur au Sahel, se voit reprocher l’inverse par un pays frontalier. Rabat, engagé dans une coopération bilatérale étroite avec le Mali et partenaire du G5 Sahel, observe ces évolutions avec attention. La stabilité régionale reste un enjeu direct pour la sécurité et la diplomatie marocaines.

L’accusation malienne interroge ainsi toute la stratégie algérienne au Sahel. Elle met en lumière un climat de méfiance croissant entre l’Algérie et plusieurs de ses voisins, alors que l’expansion du terrorisme continue d’alimenter l’instabilité régionale.

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