Madrid, 18 août 2025 – Le juge espagnol Juan Carlos Peinado a annoncé la mise en examen de Begoña Gómez, épouse du président du gouvernement Pedro Sánchez, pour un délit présumé de malversation de fonds publics. L’affaire concerne l’embauche de son ancienne conseillère à la Moncloa, Cristina Álvarez, soupçonnée d’avoir bénéficié de contrats irréguliers.
Dans une ordonnance rendue publique lundi soir, le magistrat a fixé les dates des comparutions : Cristina Álvarez sera entendue le 10 septembre, et Begoña Gómez le 11 septembre. Ces convocations placent la présidence espagnole dans une situation délicate, car la justice s’attaque désormais à la sphère intime du chef de l’exécutif.
Des accusations lourdes
Begoña Gómez faisait déjà l’objet d’une enquête pour trafic d’influence, corruption dans les affaires, usurpation de fonction et appropriation indue de marque. L’ajout du chef de malversation change la nature du dossier : il ne s’agit plus seulement d’avantages indus ou d’influence politique, mais de l’usage présumé de ressources publiques à des fins personnelles. En Espagne, ce type de délit est considéré comme l’une des atteintes les plus graves à la probité publique.
Le juge Peinado, connu pour son indépendance, a estimé qu’il existait suffisamment d’indices pour étendre l’instruction. Bien que la justice espagnole soit habituée aux scandales politiques – du financement illégal du Parti populaire aux affaires de corruption locales – l’implication directe de l’épouse d’un chef de gouvernement en exercice confère à ce dossier une résonance particulière.
L’impact politique
Pour Pedro Sánchez, cette affaire tombe à un moment sensible. Son gouvernement fait déjà face à une opposition de plus en plus offensive et à une rentrée sociale marquée par les tensions économiques. L’image internationale de l’Espagne, partenaire clé dans l’Union européenne et acteur influent en Méditerranée, pourrait être affectée par une perception d’instabilité institutionnelle.
En interne, la droite espagnole a trouvé un angle d’attaque supplémentaire pour affaiblir le Premier ministre. Quant à Sánchez, il continue d’affirmer que la justice doit suivre son cours « en toute indépendance ». Mais chaque nouvelle mise en examen alimente un climat de soupçon qui fragilise la confiance des citoyens.
Une affaire à suivre
La suite se jouera en septembre. Si les charges sont confirmées, l’Espagne entrerait dans une séquence politique particulièrement instable, dont les conséquences dépasseraient ses frontières. L’affaire Begoña Gómez n’est plus seulement une question judiciaire : elle est devenue un enjeu politique majeur au cœur de l’Europe du Sud.
