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Le Maroc réaffirme son engagement au dialogue avec l’Espagne sur la délimitation maritime

28 août 2025 - 11:02

Rabat rappelle que la mer doit être un espace de coopération stratégique et non un terrain de confrontation.

Le Maroc a réitéré son attachement à un dialogue « transparent et direct » avec l’Espagne concernant la délimitation des frontières maritimes. C’est le message transmis par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, dans un discours lu en son nom par son directeur de cabinet, Sami Marrakchi, lors d’un colloque organisé à Rabat sur les pratiques internationales de délimitation des espaces maritimes.

Le ministre a rappelé que la possession d’un littoral ne suffit pas à faire d’un pays une puissance maritime. Il s’agit, selon lui, d’intégrer cet atout dans une vision géopolitique globale, démarche que le Maroc poursuit depuis des décennies sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. Trois principes structurent cette politique : la défense de l’intégrité territoriale, le respect du droit international et le rejet de toute approche unilatérale.

Concernant Madrid, Bourita a insisté sur l’importance du règlement pacifique. Le dialogue bilatéral est, selon Rabat, le seul moyen de transformer la mer d’un facteur de séparation en un pont de coopération stratégique.

Une stratégie maritime d’envergure

Au-delà de la dimension frontalière, le ministre a souligné que la « vision maritime royale » s’oriente vers le développement de l’économie bleue et l’intégration régionale, notamment avec l’Afrique. Des infrastructures comme le port Tanger Med, déjà hub mondial, et le port atlantique de Dakhla en construction, incarnent cette ambition. À cela s’ajoute le projet de constitution d’une flotte nationale compétitive capable de renforcer le rôle du Maroc dans le commerce maritime mondial.

Cette stratégie s’inscrit dans une diplomatie plus large où la mer occupe une place centrale. Bourita a évoqué des initiatives phares telles que le « Processus de Rabat », réunissant 23 pays africains atlantiques, la décision royale d’offrir aux pays du Sahel un accès à l’océan Atlantique, ou encore le gazoduc Nigeria-Maroc, qui reliera treize pays africains. Autant de projets qui traduisent une conviction : la mer doit être vecteur de stabilité et de développement partagé.

Moderniser le droit de la mer

Le Maroc plaide également pour une actualisation des instruments juridiques internationaux. Bourita a appelé à une révision de la Convention de Montego Bay afin qu’elle intègre les évolutions technologiques, qu’il s’agisse de la robotique marine ou de l’exploitation des ressources des grands fonds. Il a aussi insisté sur l’urgence d’activer l’accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales, présenté comme un devoir « stratégique et éthique » pour protéger les écosystèmes marins.

Enfin, le ministre a retracé les étapes de la construction de la souveraineté maritime marocaine : création de la Marine royale en 1960, définition des eaux territoriales, proclamation de la zone économique exclusive, puis mise à jour du cadre législatif national en harmonie avec les conventions internationales. Pour Rabat, la Convention de Montego Bay n’est pas un texte figé, mais un document vivant à adapter aux défis de ce siècle.

En réaffirmant son engagement au dialogue avec l’Espagne, le Maroc souligne que la Méditerranée et l’Atlantique représentent à la fois des frontières naturelles et des espaces où s’élaborent les équilibres de la coopération régionale et mondiale.

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