Le gouvernement allemand a exhorté vendredi ses ressortissants présents en Iran à quitter immédiatement le pays. Cette décision intervient après que Berlin, Paris et Londres ont réactivé le mécanisme de « snapback », permettant le rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran en raison de violations jugées graves de l’accord nucléaire de 2015.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué que les menaces émises par les autorités iraniennes à l’encontre des pays européens à l’origine de cette mesure exposaient directement les citoyens allemands et les intérêts de l’Allemagne sur place. L’ambassade à Téhéran et la consulat à Chiraz n’étant plus en mesure d’assurer une assistance consulaire efficace, Berlin conseille à ses ressortissants d’utiliser les vols commerciaux encore disponibles.
Ce nouvel épisode illustre l’escalade rapide des tensions entre Téhéran et les capitales européennes. L’activation du snapback marque un tournant : elle ferme la porte à une reprise immédiate du dialogue et renforce le risque de représailles régionales.
Pour le Maroc, observateur attentif de ces recompositions, la crise rappelle l’importance d’une diplomatie équilibrée et préventive. Rabat, engagé dans des partenariats multiples en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe, doit continuer à miser sur la stabilité et la neutralité active, afin de préserver ses marges de manœuvre dans un environnement international de plus en plus volatil.
La décision allemande n’est pas seulement un geste de prudence consulaire. Elle révèle la gravité d’un rapport de force où l’Europe mise sur la fermeté et où l’Iran menace de réponses imprévisibles. Dans cette confrontation, les voix intermédiaires capables de maintenir des canaux ouverts – parmi lesquelles le Maroc – acquièrent une valeur stratégique.