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Algérie : le double langage révélé au grand jour

13 septembre 2025 - 10:31
Résultats du vote la solution à deux Etats à la question palestinienne, lors d’une réunion de l’ONU, au siège des Nations unies, à New York, le 12 septembre 2025
Résultats du vote la solution à deux Etats à la question palestinienne, lors d’une réunion de l’ONU, au siège des Nations unies, à New York, le 12 septembre 2025

Alors que ses médias d’État saturent l’espace public de diatribes enflammées contre ce qu’ils appellent « le régime sioniste », l’Algérie s’est retrouvée hier dans une posture bien moins héroïque à New York. Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Alger a voté en faveur de la Déclaration de New York qui entérine la solution à deux États, c’est-à-dire une Palestine indépendante aux côtés d’Israël. Ce choix, passé presque inaperçu dans sa presse officielle, réduit à néant le discours maximaliste qu’elle sert depuis des décennies à l’opinion arabe et au peuple palestinien.

Au moment où Alger s’évertue à nourrir son opinion publique de slogans martelés à l’infini, proclamant un soutien inconditionnel à la cause palestinienne quelles qu’en soient les circonstances, sa délégation à New York a validé un texte qui dit tout le contraire : la Déclaration condamne sans détour les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, exige la libération immédiate des otages, demande le désarmement de Gaza et transfère la gestion politique à l’Autorité palestinienne. Ce n’est plus la posture radicale que l’Algérie aime exhiber dans ses tribunes, mais l’alignement discret sur une logique internationale qu’elle prétend combattre.

Cette apparente contradiction n’a rien de fortuit, elle reflète une ligne de conduite soigneusement entretenue par le régime algérien. D’un côté, il instrumentalise le sentiment palestinien à travers une rhétorique enflammée qui lui permet de consolider sa légitimité auprès de la rue arabe et de détourner l’attention de ses propres fragilités internes. De l’autre, lorsqu’il se retrouve confronté à la réalité des rapports diplomatiques à New York, il choisit de voter un texte qui s’inscrit dans le cadre classique de la solution à deux États, précisément pour éviter un isolement qui fragiliserait sa position au sein de la communauté internationale. Mais dans l’ère numérique, le masque tombe vite : chacun peut comparer le vote enregistré à New York avec les déclarations tonitruantes de ses dirigeants. Et ce décalage sape l’image de l’Algérie comme prétendu bastion de la cause palestinienne.

Au fond, ce vote illustre la faiblesse structurelle d’une diplomatie qui fonctionne à coups de slogans, mais recule dès qu’il s’agit d’assumer une position claire et cohérente. Les Palestiniens méritent autre chose que des discours grandiloquents le soir et des compromis silencieux le matin. Ce qu’a révélé la séance de l’Assemblée générale, c’est que la rhétorique algérienne repose sur le mensonge, l’opacité et le calcul.

L’histoire retiendra que, le jour où la communauté internationale a exigé une voie politique responsable, Alger a baissé la voix et levé la main.

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