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Sommet arabe-islamique de Doha : solidarité avec le Qatar et condamnation de l’attaque israélienne

16 septembre 2025 - 07:17

La réunion d’urgence convoquée à Doha a réuni chefs d’État et responsables arabes et musulmans autour d’un message commun : exprimer une solidarité totale avec le Qatar et dénoncer l’attaque israélienne du 9 septembre, considérée comme une violation grave de la souveraineté et un obstacle direct aux efforts de médiation régionaux.

Le communiqué final de la rencontre souligne que l’agression menée contre un bâtiment de la capitale qatarie, dans lequel se trouvaient des responsables du Hamas, représente non seulement une atteinte au territoire d’un État membre du Conseil de coopération du Golfe et de l’Organisation de la coopération islamique, mais également une remise en cause de son rôle de médiateur. Les dirigeants présents ont averti qu’un tel précédent fragilise les perspectives d’un cessez-le-feu durable à Gaza et alimente une spirale d’escalade.

Les termes utilisés par la déclaration finale rappellent la nécessité de défendre la stabilité régionale face aux tentatives de créer un fait accompli qui redessinerait les équilibres sans concertation internationale. La condamnation vise ainsi la stratégie israélienne d’expansion des implantations et d’opérations militaires transfrontalières, accusée d’éroder toute chance d’un processus politique crédible.

Les participants ont insisté sur le fait qu’aucune paix juste et durable ne pourra être envisagée en contournant la question palestinienne. Les droits du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant restent au cœur de toute solution viable. À cet égard, la référence à l’Initiative arabe de paix et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU traduit la volonté de replacer la diplomatie multilatérale au centre du débat.

Le sommet a également salué l’adoption récente à l’Assemblée générale des Nations unies de la « Déclaration de New York » en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États. Cet appui symbolique, bien que dépourvu de mécanismes contraignants, a été interprété comme une confirmation que la communauté internationale demeure attentive aux droits fondamentaux des Palestiniens.

La présence du prince Moulay Rachid, représentant SM le Roi Mohammed VI, a donné un relief particulier à la réunion. Le communiqué final rappelle le rôle de la présidence marocaine du Comité Al-Qods et de son bras opérationnel, l’Agence Bayt Mal Al-Qods, dans la défense des droits des habitants de Jérusalem et dans la préservation de leur ancrage sur leur terre. Ce point a été reçu comme une reconnaissance de l’engagement constant du Maroc en faveur d’un équilibre entre solidarité arabe et diplomatie pragmatique.

Les allocutions de l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, Hussein Ibrahim Taha, et du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont toutes convergé vers une même idée : l’attaque contre Doha dépasse le cadre d’un acte militaire ponctuel, elle vise un pays qui assume une fonction centrale de médiation. En ce sens, l’incident prend une dimension symbolique qui inquiète les capitales de la région.

La réunion d’urgence à Doha apparaît ainsi comme un moment charnière : d’une part, elle réaffirme l’unité arabe et islamique autour de la défense de la souveraineté du Qatar ; d’autre part, elle souligne combien la guerre de Gaza s’est transformée en un conflit qui déborde les frontières palestiniennes et interpelle directement les équilibres régionaux et internationaux.

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