Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé que le déficit budgétaire du Maroc s’est élevé à 59,8 milliards de dirhams à fin août 2025, contre 40,4 milliards un an plus tôt.
Cette aggravation traduit un décalage persistant entre la progression des dépenses et celle des recettes. Les charges du Trésor se sont accrues de 49,4 milliards de dirhams, alors que les recettes n’ont progressé que de 30 milliards.
Selon le dernier rapport du ministère, les recettes fiscales ont atteint un taux de réalisation de 70,1 % par rapport aux prévisions de la loi de finances, en hausse de 15,1 % sur un an. Elles totalisent 29,4 milliards de dirhams supplémentaires par rapport à fin août 2024. Cette dynamique reflète notamment les efforts de l’État pour résorber les arriérés de TVA, les remboursements et exonérations ayant atteint 16,2 milliards de dirhams, soit 4,4 milliards de plus qu’en 2024.
Côté dépenses, les charges ordinaires se sont établies à 242,3 milliards de dirhams, en hausse de 30,8 milliards sur un an. Les dépenses de biens et services se sont accrues de 18,4 milliards, tandis que les intérêts de la dette ont progressé de près de 19 %. À l’inverse, la charge de compensation a reculé de 26,8 %, soit une économie de 4,9 milliards de dirhams. La baisse s’explique par le recul du soutien au gaz butane, au sucre et à la farine nationale de blé tendre, ainsi que par la fin de l’aide exceptionnelle aux professionnels du transport routier.
En parallèle, l’exécution des dépenses de personnel affiche un taux de réalisation de 66 %, tandis que les autres dépenses de biens et services atteignent près de 69 %, traduisant une pression budgétaire accrue sur le fonctionnement de l’État.
Malgré ces contraintes, le solde ordinaire reste positif à 15,4 milliards de dirhams, légèrement inférieur à celui de 2024 (16,2 milliards). Les dépenses d’investissement atteignent, quant à elles, 67,9 milliards de dirhams, en progression de 2,4 milliards, soit un taux de réalisation de 64,3 %.
Ce diagnostic met en évidence une tension structurelle : les recettes progressent, mais demeurent insuffisantes face à l’ampleur des besoins de financement. La question de la soutenabilité budgétaire s’imposera avec plus d’acuité dans les prochains mois, au moment où le Maroc doit concilier impératifs sociaux, investissements stratégiques et gestion de la dette publique.
