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Abbas esquisse un État palestinien désarmé et sans Hamas à Gaza

23 septembre 2025 - 11:13

À New York, lors d’une conférence consacrée à la solution à deux États, Mahmoud Abbas a présenté sa vision d’un futur État palestinien : démilitarisé, pluraliste, fondé sur des élections et débarrassé du rôle politique de Hamas dans la bande de Gaza.

Le président palestinien a profité de la tribune internationale pour envoyer un message direct. Selon lui, « la guerre contre le peuple palestinien doit cesser immédiatement », et les sièges ou la faim « ne sont pas des moyens d’assurer la sécurité ». Il a plaidé pour l’entrée d’aides humanitaires dans la bande de Gaza et exigé le retrait israélien, tout en appelant à la libération des otages encore retenus.

Dans son discours, Abbas a salué la médiation égyptienne, qatarie et américaine, ainsi que le soutien de la Jordanie et de l’Égypte contre toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens. Mais il a surtout surpris en affirmant que Hamas n’aurait aucun rôle à jouer dans la gouvernance future de Gaza. Son appel à toutes les factions pour remettre leurs armes à l’Autorité palestinienne réactive un vieux projet : centraliser la légitimité politique et militaire entre les mains d’une seule autorité, en rupture avec quinze ans de division interne.

Abbas a insisté sur un horizon institutionnel : un État palestinien « non armé, basé sur le pluralisme et l’alternance pacifique du pouvoir ». Il a aussi annoncé son intention d’organiser des élections présidentielles et législatives dans l’année suivant la fin de la guerre à Gaza, à condition que les acteurs participants respectent le droit international et la légalité palestinienne.

Au-delà de la scène interne, Abbas a dénoncé « les atteintes à la souveraineté du Qatar et d’autres États arabes », se positionnant ainsi dans un registre régional, à la fois solidaire et soucieux de rappeler que la cause palestinienne s’inscrit dans une trame plus large d’équilibres moyen-orientaux.

Politiquement, cette déclaration soulève plusieurs questions. Comment imaginer une démilitarisation de Gaza dans un contexte où Hamas conserve une infrastructure armée et une légitimité auprès d’une partie de la population ? Quelle autorité pourrait superviser la transition ? Et quelle crédibilité la communauté internationale accorde-t-elle encore à un président affaibli, dont le mandat est contesté depuis longtemps ?

Abbas tente de repositionner l’Autorité palestinienne comme acteur central du futur. Dans un moment où les États-Unis, l’Europe et plusieurs pays arabes cherchent à éviter l’effondrement total de Gaza, cette vision — celle d’un État palestinien démilitarisé, fondé sur le droit et reconnu par davantage d’États — pourrait redevenir une base de discussion diplomatique.

Reste à savoir si ce projet, pensé pour rassurer Israël et la communauté internationale, correspond aux attentes d’une société palestinienne meurtrie, qui revendique avant tout justice, dignité et la fin d’une occupation prolongée.

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