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Les économistes anticipent un affaiblissement de la croissance mondiale en 2026

23 septembre 2025 - 15:56

Selon un sondage publié par le Forum économique mondial, près des trois quarts des économistes de haut niveau prévoient une économie mondiale affaiblie en 2026, marquée par des perturbations persistantes et des déséquilibres qui touchent aussi bien les pays avancés que les économies émergentes.

Le diagnostic est préoccupant, car il montre que les difficultés actuelles ne relèvent pas uniquement de cycles passagers. Les experts décrivent des transformations structurelles qui redéfinissent le commerce international, la politique budgétaire et la dette publique. Dans ce cadre, les régions émergentes apparaissent comme les principaux relais de croissance, en particulier l’Asie et, dans une moindre mesure, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. La Chine, longtemps moteur central de l’économie mondiale, ne suscite plus le même enthousiasme. Une partie importante des économistes estime que son expansion restera modérée et que la menace de déflation pèsera sur ses perspectives.

Les économies avancées offrent un tableau moins rassurant. En Europe, quarante pour cent des experts interrogés annoncent une croissance faible, tandis qu’une large majorité s’attend à une politique budgétaire plus expansive sans que cela suffise à relancer la dynamique. Aux États-Unis, la moitié des réponses anticipent une progression faible ou très faible, avec une inflation persistante malgré un assouplissement monétaire attendu.

La nouveauté réside dans le fait que les vulnérabilités liées à l’endettement ne concernent plus seulement les pays émergents. Huit économistes sur dix identifient désormais les nations avancées comme zones de risque croissant. Le poids de la dette et la fragilité budgétaire sont désignés comme freins majeurs à la croissance, un constat qui marque un renversement historique.

Pour les pays du Maghreb, ces conclusions contiennent une double leçon. D’une part, la région est mentionnée comme possible pôle de dynamisme dans un environnement où les économies occidentales ralentissent. D’autre part, les fragilités internes – dépendance aux matières premières, vulnérabilités sociales, besoins d’investissement massifs – rappellent que le potentiel de croissance doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse de la dette et d’une diversification soutenue. Le rapport souligne implicitement que les pays capables de combiner stabilité macroéconomique et réformes structurelles tireront profit du déplacement progressif des flux commerciaux et financiers.

Le Forum économique mondial met également en avant l’idée que l’économie mondiale n’affronte pas seulement une série de chocs isolés mais un réalignement plus profond. Pour le Maghreb, cette observation suggère qu’il ne suffit plus d’espérer un effet d’entraînement venu de l’extérieur. Il s’agit d’inscrire la croissance dans des stratégies régionales, en développant l’intégration industrielle, les infrastructures et les nouvelles technologies.

Plutôt qu’un effondrement immédiat, 2026 s’annonce comme une période de glissement progressif et de transformations difficiles à anticiper. Le ralentissement des économies développées, la modération de la demande chinoise et l’instabilité des flux financiers obligeront les pays de la région à renforcer leur résilience. Les turbulences actuelles ne se dissiperont pas rapidement, elles redessinent déjà les équilibres mondiaux et imposent de nouveaux choix de gouvernance économique.

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