>

L’OMS prépare la relève sanitaire à Gaza après la trêve annoncée

08 octobre 2025 - 13:20

L’Organisation mondiale de la Santé anticipe la phase d’après-guerre dans la bande de Gaza. Deux années de bombardements, d’évacuation permanente et de pénurie ont réduit l’ossature médicale du territoire à une fraction de ce qu’elle était. Sur trente-six hôpitaux, quatorze fonctionnent encore, souvent sans équipement complet ni réseau fiable pour l’eau, l’électricité ou les médicaments.

La directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, Hanan Balkhy, affirme que la planification ne s’est jamais interrompue depuis le début du conflit. Les équipes médicales et les partenaires sur le terrain projettent déjà les premières étapes d’un système reconstruit sur des nouvelles bases. L’objectif affiché consiste à remplacer l’urgence permanente par une stratégie durable.

Le coût estimé dépasse les sept milliards de dollars. L’organisation réclame des engagements financiers pluriannuels, avec une marge de manœuvre suffisamment large pour avancer sans blocages administratifs. Les priorités incluent des hôpitaux alimentés par des sources d’énergie renouvelable, des cliniques reliées à un approvisionnement en eau sécurisé et des systèmes numériques capables de suivre les patients, les stocks et les urgences.

Depuis octobre 2023, les équipes appuyées par l’OMS ont assuré plus de vingt millions d’actes médicaux, dont des interventions chirurgicales lourdes. Près de huit mille patients en situation critique ont quitté l’enclave grâce aux couloirs d’évacuation coordonnés par l’organisation. Ces opérations se déroulent dans un paysage humain brisé. Plus de mille sept cents soignants ont perdu la vie pendant les hostilités.

La reconstruction ne se limite pas aux bâtiments. Les responsables prévoient la formation de nouvelles cohortes de médecins et d’infirmiers, la réhabilitation des écoles de santé et la mise en place de garanties pour protéger le personnel dans les futures crises. Cette dimension humaine conditionne toute reprise fonctionnelle.

La prochaine session du Comité régional de l’OMS se tiendra au Caire du 15 au 17 octobre. Les ministres de la Santé des vingt-deux États membres examineront plusieurs chantiers liés aux contextes de guerre et de post-conflit. Le programme inclut la remise en état des structures sanitaires détruites, l’élargissement de la vaccination infantile, l’intégration des soins palliatifs et l’adaptation des systèmes de santé aux effets du réchauffement climatique.

Les autorités sanitaires aborderont aussi la progression du cancer du sein dans la région, les exigences de sécurité biologique en laboratoire et le renforcement de la surveillance épidémiologique. Le dossier gazati figure en toile de fond de ces discussions, comme exemple extrême de désintégration systémique et de dépendance à la solidarité internationale.

L’OMS présente sa feuille de route comme un passage de l’assistance d’urgence à la reconstruction. L’organisation mise sur un modèle plus résilient que celui d’avant-guerre. La crise prolongée a révélé l’usure des infrastructures, la vulnérabilité des équipements et la fragilité des réseaux humains. Les acteurs régionaux suivent ce dossier de près, conscients que Gaza représente un laboratoire post-conflit dont les leçons valent pour d’autres territoires.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *