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La présidente du Pérou, Dina Boluarte, destituée par le Parlement

10 octobre 2025 - 09:43

Le Congrès péruvien a voté, dans la nuit de jeudi à vendredi, la destitution de la présidente Dina Boluarte pour « incapacité morale permanente » dans la gestion de la sécurité et du crime organisé. La motion de vacance a obtenu 121 voix sur 130, un chiffre qui illustre l’isolement politique de la cheffe de l’État.

Plusieurs groupes de l’opposition avaient présenté dans l’après-midi quatre motions réclamant son départ, accusant le gouvernement d’inefficacité sécuritaire. Le débat a été accéléré et Boluarte a été invitée à s’exprimer devant les députés, en personne ou via un représentant. Elle a finalement choisi de ne pas se présenter.

Son avocat, Juan Carlos Portugal, a dénoncé sur la plateforme X une décision « prise sans respect du droit à la défense » et sans délais suffisants pour organiser une réponse.

Après le vote, le président du Parlement, José Enrique Jerí Oré, a automatiquement prêté serment comme nouveau chef d’État, conformément à la Constitution péruvienne. Il assumera la transition politique jusqu’à nouvelle décision institutionnelle.

La destitution survient dans un climat d’impopularité massive. Selon les derniers sondages, 93 % des Péruviens désapprouvaient la gestion de Dina Boluarte, marquée par une montée de la violence, des protestations régionales et un recul de la confiance envers le pouvoir central.

Dans une allocution depuis le Palais du gouvernement, l’ancienne présidente a défendu son action : elle a affirmé avoir « agi pour l’unité nationale et la stabilité démocratique », tout en niant toute faute morale ou manquement à ses devoirs.

Dina Boluarte avait succédé en décembre 2022 à Pedro Castillo, lui-même destitué après avoir tenté de dissoudre le Parlement. Elle devait terminer son mandat en 2026.

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