Genève — L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté ce mardi une évaluation globale de l’état des services neurologiques dans le monde, révélant des écarts majeurs entre régions et des systèmes de soins incapables de répondre à la hausse des maladies du cerveau.
Selon le rapport, plus de 3,4 milliards de personnes vivent aujourd’hui avec un trouble neurologique, qu’il s’agisse d’AVC, de démence, d’épilepsie, de neuropathies ou de paralysies cérébrales. Pourtant, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, on ne compte qu’un neurologue pour plusieurs millions d’habitants, et l’accès au diagnostic reste limité faute d’équipements, de spécialistes et de financement public.
L’OMS souligne que les maladies neurologiques constituent la première cause d’invalidité dans le monde et l’une des principales causes de mortalité, mais ne reçoivent ni l’attention politique ni les ressources accordées à d’autres pathologies chroniques. Dans 70 % des États membres, aucun plan national de santé publique n’inclut de stratégie spécifique pour la neurologie.
Le rapport met également en lumière :
Un déficit massif de formation médicale spécialisée ;
L’absence de données épidémiologiques fiables dans de nombreux pays ;
Une faible couverture en télémédecine, malgré son potentiel pour les zones rurales ;
Un accès inégal aux médicaments essentiels pour l’épilepsie, la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson.
L’OMS appelle les gouvernements à intégrer d’urgence la neurologie dans leurs politiques nationales de santé, à former davantage de spécialistes et à renforcer les infrastructures hospitalières. L’organisation insiste sur le fait que le vieillissement démographique, l’urbanisation et les inégalités sociales accentuent la pression sur les systèmes de soins.
Un plan d’action mondial sera discuté début 2026 afin d’aider les pays à structurer des services neurologiques durables et accessibles, en combinant financement public, innovation technologique et coopération internationale.
