Mohamed Ould Rachid a affirmé à Laâyoune que les grands chantiers lancés dans les villes du Sud ouvrent une dynamique durable capable de repositionner la région dans les nouvelles trajectoires du développement africain.
La dixième assemblée générale du réseau africain des parlementaires pour l’évaluation du développement s’est tenue dans un moment où les provinces du Sud connaissent une transformation visible. Mohamed Ould Rachid a mis en avant une série de projets qui redonnent souffle à un territoire longtemps réduit à des lectures partielles. Il évoque le port de Dakhla Atlantique, l’infrastructure maritime de Foum El Oued à Laâyoune, la voie express Tiznit–Dakhla et les investissements dans les énergies renouvelables. L’ensemble forme une architecture cohérente qui soutient l’idée d’un développement durable fondé sur la mobilité, la transition énergétique et l’ouverture continentale.
Un observateur attentif saisirait rapidement que ces projets ne se limitent pas à une modernisation technique. Ils participent à une recomposition stratégique du littoral atlantique africain. Les échanges commerciaux évoluent, la demande énergétique augmente et la résilience climatique devient un impératif. Les infrastructures en cours de réalisation placent le Sud marocain dans un espace où se rencontrent logistique, innovation et stabilité. Ould Rachid rappelle que ces transformations ouvrent de nouvelles perspectives et exigent un usage plus rigoureux des outils d’évaluation.
L’évaluation des politiques publiques occupe une place centrale dans son intervention. Il insiste sur le besoin d’utiliser ce levier pour mesurer la pertinence des choix, vérifier la cohérence des programmes et s’assurer que les investissements produisent des résultats tangibles. Cette conception du développement repose sur l’idée que les projets doivent être suivis, ajustés et interrogés. Le continent africain fait face à des écarts persistants et la pression démographique renforce l’urgence d’un pilotage précis. Une culture de l’évaluation devient alors un outil indispensable pour sélectionner les initiatives les plus efficaces et orienter les ressources vers les actions ayant le plus d’impact.
Le discours met également en lumière l’importance de la coopération africaine. Ould Rachid évoque des initiatives stratégiques qui donnent une portée continentale aux investissements du Sud marocain. Il cite l’Initiative de l’Atlantique et le projet de gazoduc Nigeria–Maroc, deux démarches qui tissent un réseau d’interdépendances capables de soutenir une croissance stable. Ces projets traduisent une vision du développement construite autour de la complémentarité et du partage des bénéfices. Ils affirment la possibilité d’une coopération africaine moins dépendante des logiques extérieures et davantage centrée sur les besoins du continent.
L’évolution des provinces du Sud illustre une orientation claire. Les infrastructures créent des opportunités, mais leur efficacité dépend de leur intégration dans une stratégie plus large. Le développement devient un projet qui associe énergie, mobilité, formation et gouvernance. La région se transforme en laboratoire où se croisent ambition locale et dynamique continentale. Cette transformation renforce l’idée d’un Sud marocain capable de jouer un rôle moteur dans les échanges africains.
Les propos tenus à Laâyoune invitent à un regard constructif sur le futur du continent. Ils montrent qu’un territoire longtemps perçu comme périphérique peut devenir un espace d’innovation et un levier de coopération. Le développement ne se réduit plus à la visibilité des chantiers. Il se mesure à la capacité de relier les projets entre eux, d’en comprendre les effets et de leur donner une orientation durable. La région avance ainsi vers une place plus affirmée dans l’Afrique de demain.
