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En Turquie, le pape met en garde contre une « guerre mondiale par fragments »

28 novembre 2025 - 12:22

Lors de sa première tournée internationale, le pontife a évoqué à Ankara un enchaînement de conflits nourris par des stratégies économiques et militaires. L’étape libanaise donne à ce déplacement une portée politique régionale assumée.

À Ankara, dans le cadre de son premier déplacement hors du Vatican, le pape a alerté sur une « guerre mondiale par fragments », expression héritée de son prédécesseur pour qualifier la multiplication de crises interconnectées. Son propos cible des « dynamiques destructrices de pouvoir » et met en cause des choix politiques qui fragilisent la justice et la paix.

La rencontre avec le président Recep Tayyip Erdoğan a donné une dimension diplomatique à ce discours. Le chef de l’État turc a salué la sensibilité du Vatican sur le dossier palestinien, après des prises de position papales sur la situation à Gaza. De son côté, le pontife a rappelé la vocation historique de la Turquie comme carrefour des traditions abrahamiques, tout en dénonçant la polarisation et les extrêmes.

La séquence libanaise du voyage confirme la lecture géopolitique de cette tournée. Elle s’ajoute aux gestes œcuméniques attendus à Iznik, lieu du premier concile chrétien au IVᵉ siècle, et aux rencontres prévues avec le patriarche orthodoxe Bartholomée. Le message dépasse ainsi le registre religieux pour entrer dans une diplomatie morale assumée.

À travers cette prise de parole, le Vatican propose une grille de lecture du désordre international : puissance économique, projection militaire et fragmentation des sociétés. Le pape remet à l’agenda la « mondialisation de l’indifférence » et appelle à une hiérarchie des urgences où la paix, la justice sociale et l’environnement cessent d’être des déclarations de principe.

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