La masse monétaire (M3) s’est établie à 1.982,14 milliards de dirhams en octobre 2025, enregistrant une hausse annuelle de 7,4 %, après 7,8 % en septembre, a indiqué Bank Al-Maghrib dans sa note mensuelle sur les statistiques monétaires.
Cette évolution s’explique principalement par le ralentissement de la croissance des créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale, passée de 1,4 % à 0,3 %, ainsi que par l’accélération du rythme des crédits bancaires accordés au secteur non financier, qui progresse de 3 % à 3,6 %. Parallèlement, les avoirs officiels de réserve ont connu une nette accélération, atteignant 19,6 % contre 14,1 % précédemment.
La progression annuelle de M3 reflète aussi plusieurs mouvements au sein de ses composantes. Les avoirs détenus par les agents économiques en parts d’OPCVM monétaires ont vu leur croissance ralentir à 9,1 %, tandis que la circulation fiduciaire s’est accélérée à 11,7 %. Les dépôts à terme ont augmenté de 1,4 % et les dépôts à vue auprès des banques ont affiché une quasi-stabilité à 10,2 %. Les comptes d’épargne, de leur côté, ont progressé de 1,9 %.
Par catégorie d’agents, les actifs monétaires — hors billets et pièces en circulation — montrent une relative stabilité pour les ménages, avec une hausse de 6,5 %. Les entreprises privées non financières, en revanche, enregistrent une progression plus marquée de 10,8 %, portée notamment par la hausse des dépôts à vue, le ralentissement de la baisse des dépôts à terme et une détente dans la diminution de leurs placements en OPCVM monétaires, désormais à –12,7 % après –29,6 %.
Les entreprises publiques non financières affichent, quant à elles, un ralentissement de la progression de leurs actifs monétaires, conséquence d’une croissance plus modérée de leurs dépôts à vue et de leurs dépôts à terme.
L’ensemble de ces indicateurs dessine une dynamique monétaire contrastée, marquée par une circulation fiduciaire en accélération, une activité de crédit en reprise progressive et des réserves en forte augmentation, dans un contexte de réajustement des comportements de placement.
