Rabat accueille la conférence finale de l’initiative EDU4PCVE, portée par le Forum mondial de lutte contre le terrorisme et consacrée au rôle de l’éducation dans la prévention de l’extrémisme violent menant au terrorisme. Coprésidée par le Maroc et l’Union européenne, la démarche s’achève dans la capitale marocaine après deux années de travaux conduits avec l’appui du centre international d’excellence Hedayah.
Pendant deux jours, responsables gouvernementaux, experts, organisations internationales et acteurs du monde éducatif ont tiré les enseignements d’un cycle de recherche et d’expérimentations axé sur la transformation des systèmes d’apprentissage face aux dynamiques contemporaines de radicalisation. L’objectif annoncé reste pratique: faire de l’école, de la formation et des espaces d’apprentissage non formels des lieux de résistance aux idéologies violentes, y compris dans les environnements numériques.
Quatre livrables structurent cette clôture. Un Research Brief dresse l’état des lieux d’une décennie marquée par l’essor des identités numériques et de nouveaux facteurs de vulnérabilité. Un programme de formation des formateurs renforce les capacités des décideurs, des enseignants et des praticiens. Un outil de suivi, d’évaluation et d’apprentissage (MEL Toolkit) permet d’objectiver l’impact des projets éducatifs. Enfin, un addendum au Mémorandum d’Abou Dhabi actualise les bonnes pratiques à l’aune des mutations technologiques, sociales et pédagogiques.
Au-delà des publications, c’est une méthode qui se dessine. L’initiative propose un cadre de travail renouvelé fondé sur l’innovation pédagogique, la mesure de l’impact et l’adaptation continue. La prévention s’y lit comme un ensemble d’outils concrets, plutôt qu’un discours général.
Pour Rabat, l’accueil de cette conférence s’inscrit dans une séquence de diplomatie multilatérale assumée. Le Maroc confirme une posture active dans les dispositifs internationaux consacrés à la prévention, avec l’ambition de diffuser des standards opérationnels et des pratiques éprouvées. La coopération avec l’Union européenne confère à l’initiative une portée transrégionale et facilite la montée en puissance des réseaux d’expertise.
Lancée à Rabat il y a deux ans, poursuivie à Bruxelles par un atelier technique, l’initiative se referme là où elle a commencé. Elle laisse un corpus d’outils et une feuille de route. La phase suivante appartiendra aux systèmes éducatifs qui s’en empareront pour consolider la résilience face aux récits violents.
