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Maroc–Espagne : huit accords pour approfondir une relation stratégique en mouvement

05 décembre 2025 - 03:57

Le treizième sommet de haut niveau entre Rabat et Madrid a produit une série d’accords qui renforcent une coopération déjà dense et en constante diversification. La dynamique bilatérale s’étend désormais de la gouvernance numérique à la diplomatie, en passant par l’agriculture, la justice et la protection sociale.

Le Maroc et l’Espagne ont signé, à Madrid, huit accords qui traduisent une volonté commune d’élargir leur partenariat. Cette nouvelle étape descend directement du sommet coprésidé par Aziz Akhannouch et Pedro Sánchez, où les deux gouvernements ont cherché à consolider un cadre de travail fondé sur la continuité et la confiance.

La diplomatie a constitué un premier axe de convergence. Nasser Bourita et José Manuel Albares ont paraphé une entente dédiée à la diplomatie inclusive, orientée vers l’intégration de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la conduite extérieure des deux pays. Une deuxième entente lie l’Institut marocain de formation diplomatique et l’École diplomatique espagnole afin d’encadrer la formation de nouvelles générations de diplomates, avec des programmes communs et des échanges réguliers. Un troisième accord ouvre la voie à la mobilité des jeunes diplomates, appelés à acquérir une connaissance directe des politiques publiques et dossiers stratégiques traités dans les deux capitales.

La modernisation institutionnelle a également retenu l’attention. Le secrétariat général du gouvernement marocain et le ministère espagnol de la Présidence ont signé une déclaration d’intention portant sur l’accompagnement de la réforme de l’imprimerie officielle. Cette coopération se concentre sur l’organisation interne, les capacités opérationnelles et l’évaluation de la performance, dans une logique d’amélioration continue. Une autre entente porte sur la numérisation du patrimoine documentaire, avec un partage des méthodes de conservation, de gestion numérique et d’accès aux archives.

La dimension judiciaire s’est matérialisée par un accord entre le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue espagnol. Il vise l’échange électronique sécurisé des demandes d’entraide judiciaire, une évolution alignée sur les standards internationaux et indispensable pour fluidifier les procédures transfrontalières.

Sur le plan économique, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fattah, a signé avec Albares un accord technique en matière fiscale. Cette coopération couvre l’administration de l’impôt, le contrôle, le recouvrement, les réformes internationales et l’adoption d’outils numériques pour renforcer l’efficacité des administrations tributaires. Le même esprit se retrouve dans la déclaration commune consacrée à la lutte contre les discours de haine ciblant en particulier les travailleurs migrants, signée par Bourita et la ministre espagnole de l’Inclusion sociale.

La coopération scientifique a été renforcée par un accord entre le Centre national pour la recherche scientifique et technique et l’Institut géographique national d’Espagne. Les deux organismes travailleront ensemble sur la sismicité, la géodynamique et l’étude de la lithosphère dans la région ibéro-maghrébine, ainsi que sur la surveillance automatique et les systèmes d’alerte face aux séismes et tsunamis.

Le secteur agricole occupe un chapitre central dans la relation. Ahmed Bouari et Luis Planas ont signé une entente portant sur l’agriculture durable, la modernisation des exploitations, la sécurité alimentaire, la formation et le partage d’expertise. Une autre entente associe la Secrétaire d’État marocaine chargée de la pêche, Zakia Driouch, au ministre espagnol de l’Agriculture pour coopérer sur la pêche, l’aquaculture et la lutte contre la pêche illicite. Les deux pays s’engagent à davantage de coordination, à la mise en place de systèmes numériques de certification et à un échange structuré d’informations.

L’éducation et le sport complètent le tableau. Un accord signé par Mohamed Saad Berada et Pilar Alegría encadre l’enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine dans les établissements espagnols situés au Maroc, avec des dispositions précises sur la mobilisation des équipes éducatives marocaines. Une seconde entente en matière sportive prévoit des actions communes contre le dopage, la prévention des violences et discriminations, l’inclusion des personnes en situation de handicap et la participation à des formations spécialisées.

Enfin, un accord conjoint entre la ministre espagnole de l’Inclusion sociale et le ministre marocain de la Santé prolonge pour deux ans la coopération en matière de sécurité sociale et de protection sociale, afin d’améliorer les dispositifs, renforcer les compétences et consolider la coordination entre administrations.

L’ensemble de ces accords confirme une réalité déjà installée : le partenariat maroco-espagnol s’affirme comme l’un des plus complets de la rive sud de la Méditerranée. Il s’étend désormais à des domaines qui exigent stabilité, confiance et une vision partagée de l’avenir.

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