Lors d’une rencontre organisée par la Fondation Abbé El Fassi, Nabila Mounib a partagé une réflexion sur la violence que subissent les femmes engagées dans la vie publique. La scène politique leur impose souvent des épreuves qui vont bien au-delà du débat d’idées. Les attaques verbales, la pression psychologique et parfois les gestes brusques forment un décor auquel elles doivent constamment s’adapter.
Pour éclairer ce constat, Mounib a évoqué un épisode de son propre parcours. Elle a remarqué que certains responsables de son parti adoptaient autrefois une attitude dure ou méprisante. L’ambiance s’est transformée le jour où l’on a appris qu’elle pratiquait le karaté. Une simple information a suffi pour modifier les comportements et attirer davantage de respect. Ce changement traduit une réalité troublante. La considération accordée aux femmes évolue parfois non pas en fonction de leurs compétences, mais de la force qu’on leur prête.
Mounib a profité de cette intervention pour encourager les familles à orienter leurs enfants, en particulier les filles, vers l’apprentissage des arts martiaux. Elle y voit un moyen d’acquérir assurance, discipline et capacité d’autodéfense. Dans son esprit, ces pratiques offrent une forme de protection dans la vie quotidienne et dans les environnements professionnels où les tensions se manifestent souvent de manière imprévisible.
Elle a également exprimé son soutien à Fatima Zahra El Wariaghli, membre de la commission de déontologie du Conseil national de la presse, devenue cible d’attaques moqueuses après la fuite d’une vidéo interne. Son apparence et son vêtement ont suffi pour déclencher une vague de commentaires blessants. Pour Mounib, cet épisode illustre une culture où l’humiliation remplace trop vite l’argumentation.
La prise de parole de la dirigeante du PSU met en lumière une question essentielle de la vie publique marocaine. Les femmes accèdent à davantage de responsabilités, pourtant les violences symboliques persistent. L’expérience qu’elle raconte résonne avec le vécu de nombreuses militantes, journalistes ou fonctionnaires qui doivent composer chaque jour avec des formes diverses de pression sociale.
Dans un paysage médiatique saturé par les réseaux sociaux, où la moindre image peut devenir une matière à dérision, la réflexion de Mounib rappelle l’importance d’un climat de respect. Le karaté qu’elle évoque n’est pas un appel à la confrontation. Il renvoie plutôt à la maîtrise de soi, à la stabilité psychologique et à la capacité de fixer une limite claire devant l’intimidation.
Ce témoignage donne un éclairage différent sur la place des femmes dans la vie politique. Leur présence se renforce lorsque la société crée des conditions où elles peuvent s’exprimer sans inquiétude. La lutte contre la violence envers les femmes devient alors une manière d’améliorer la qualité du débat public et de consolider la confiance dans les institutions.
