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Le Maroc veut rééquilibrer ses échanges : l’Europe domine encore 70 % du commerce extérieur

09 décembre 2025 - 18:30

Lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, le secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, Omar Hajira, a livré un diagnostic précis de la géographie commerciale du Maroc. Un constat s’impose : les échanges restent fortement polarisés autour de l’Europe, tandis que l’Afrique — pourtant au cœur des ambitions stratégiques du pays — ne représente encore qu’une part modeste.

Selon les chiffres présentés par le responsable gouvernemental, 70 % du commerce extérieur du Maroc se concentre en Europe, contre 13 % en Asie, 9 % sur le continent américain, et 7 % seulement en Afrique. Des proportions qui confirment la dépendance historique vis-à-vis du marché européen, malgré les efforts entrepris depuis plusieurs années pour diversifier les partenaires économiques.

Omar Hajira a rappelé que la nouvelle feuille de route du commerce extérieur repose sur plusieurs principes structurants : équité territoriale, diversification des partenaires, ouverture de nouveaux marchés et évaluation régulière des accords de libre-échange. L’objectif affiché est clair : réduire la vulnérabilité inhérente à la concentration géographique et projeter plus largement le produit marocain sur les marchés mondiaux.

Un virage assumé vers l’Afrique

Parmi les mesures annoncées, le secrétaire d’État a mis l’accent sur un dispositif d’assurance destiné à sécuriser les exportations vers des zones jusqu’ici peu couvertes. Selon lui, cette extension permettra de renforcer la présence du produit marocain dans quinze pays africains supplémentaires, auparavant exclus de ce type de couverture. Cette initiative vise à encourager les entreprises exportatrices à s’aventurer au-delà des destinations traditionnelles et à accompagner la montée en puissance des relations économiques intra-africaines.

Ce choix stratégique intervient dans un contexte où les institutions financières et les organisations régionales encouragent les États du continent à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le Maroc souhaite y jouer un rôle actif, en s’appuyant sur son industrie, ses infrastructures logistiques et son ouverture diplomatique.

Marrakech accueillera un rendez-vous continental majeur

Omar Hajira a rappelé que le deuxième Forum de la ZLECAf, prévu à Marrakech les 11 et 12 décembre, constituera une étape importante dans la consolidation du commerce intra-africain. Cet événement réunira responsables politiques, experts et opérateurs économiques pour discuter des mécanismes capables d’augmenter significativement le volume des échanges entre pays africains, encore très en deçà du potentiel continental.

Le responsable gouvernemental a également appelé à renforcer la mobilisation du secteur privé, indispensable pour transformer les orientations politiques en résultats économiques tangibles.

En filigrane de cette intervention, une idée se dégage : le Maroc entend rééquilibrer la carte de ses échanges extérieurs. L’Europe restera un partenaire structurant, mais l’Afrique, l’Asie et les Amériques deviennent progressivement les terrains d’un déploiement plus ambitieux, destiné à réduire la dépendance et à ancrer le pays dans les dynamiques globales du XXIᵉ siècle.

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