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Maroc. Une rencontre nationale alerte sur l’essor des violences numériques visant filles et mineurs

10 décembre 2025 - 08:14

Une rencontre thématique organisée à Technopolis-Salé par l’Observatoire national de la criminalité du ministère de la Justice, en partenariat avec le Conseil de l’Europe et le Centre marocain de recherche multi-technique et d’innovation (CMRPI), vient de mettre en lumière l’expansion rapide des violences numériques touchant particulièrement les filles et les mineurs. Cet atelier national, inscrit dans la cinquième campagne de prévention du cyber-violence, s’est tenu les 9 et 10 décembre et s’inscrit dans les travaux continus consacrés aux formes émergentes de criminalité liées aux technologies.

Les données présentées soulignent une réalité préoccupante. Selon le Haut-Commissariat au Plan, près de sept adolescentes sur dix âgées de 15 à 19 ans déclarent avoir subi des formes variées de violence, proportion bien supérieure à celle observée chez les femmes adultes. Le cyber-violence touche environ 282 000 jeunes filles, avec un taux de prévalence de 29,4 %. La majorité des auteurs sont des hommes et une part considérable demeure non identifiée, ce qui complique les poursuites.

Le Conseil économique, social et environnemental rappelle que 97 % des enfants marocains utilisent les plateformes numériques, un tiers faisant l’objet de harcèlement électronique. La grande majorité des familles ne recourt pas encore aux outils de contrôle parental, ce qui favorise l’apparition d’espaces numériques peu sûrs. Les violences électroniques sont également plus fréquentes dans les foyers dirigés par des femmes, situation qui révèle une fragilité structurelle dans la protection numérique des adolescentes.

La rencontre a également abordé les risques émergents dans les environnements immersifs, notamment les jeux vidéo et le métavers. Les travaux préliminaires de l’Observatoire montrent que près de 1,85 million d’enfants sont exposés à des formes nouvelles d’exploitation économique, d’atteintes sexuelles ou de manipulation numérique. Cette extension des violences traditionnelles dans les espaces virtuels appelle des réponses légales et institutionnelles adaptées aux technologies en évolution.

Les échanges ont permis de dégager plusieurs axes prioritaires portant sur le diagnostic des menaces, l’évaluation de l’arsenal juridique, la formulation de recommandations opérationnelles et la nécessité d’une approche globale fondée sur la recherche et des données fiables. Des experts internationaux et des représentants d’institutions nationales ont enrichi la réflexion par des analyses comparatives et des expériences internationales utiles à la refonte des mécanismes de protection.

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