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Affaire Ziane : la Cour de cassation ordonne un nouveau procès et rouvre un dossier sensible

18 décembre 2025 - 18:03

La décision rendue ce jeudi par la Cour de cassation à Rabat marque un tournant juridique majeur dans l’affaire visant l’ancien bâtonnier Mohamed Ziane. En annulant la condamnation à trois ans de prison ferme prononcée en appel, la haute juridiction impose la tenue d’un nouveau procès et clarifie un débat procédural qui agitait depuis des mois les milieux judiciaires et politiques.

La Cour de cassation a décidé de casser l’arrêt rendu par la chambre criminelle d’appel de Rabat ayant condamné Mohamed Ziane à trois ans d’emprisonnement ferme dans l’affaire liée au Parti libéral marocain. Cette cassation, assortie d’un renvoi, implique la reprise intégrale du procès devant la juridiction d’appel, appelée à statuer à nouveau sur le fond du dossier.

Sur le plan strictement juridique, la portée de la décision dépasse le seul sort personnel de l’ancien avocat et responsable politique. En annulant l’arrêt d’appel, la Cour met un terme à la controverse entourant la question du cumul ou de la fusion des peines prononcées contre Ziane. Le jugement annulé perd toute valeur définitive, ce qui impose une nouvelle appréciation judiciaire indépendante, dans le respect des garanties procédurales prévues par le droit.

Les faits reprochés à Mohamed Ziane remontent à l’année 2015 et concernent des accusations de détournement et de dilapidation de fonds publics dans le cadre du financement du Parti libéral marocain. Ces charges avaient conduit à une condamnation lourde en appel, alors même que l’intéressé purge déjà une peine de trois ans de prison dans une autre affaire distincte. La cassation de l’arrêt d’appel vient donc suspendre, sur le plan juridique, les effets de cette seconde condamnation en attendant l’issue du nouveau procès.

Cette décision relance inévitablement le débat sur la gestion judiciaire de dossiers à forte charge politique. Mohamed Ziane, figure controversée du barreau et de la scène publique, incarne depuis plusieurs années une trajectoire où s’entrecroisent engagement politique, conflictualité institutionnelle et contentieux pénaux. Pour ses défenseurs, la cassation confirme l’existence de fragilités procédurales qui méritaient un réexamen approfondi. Pour ses détracteurs, elle ne préjuge en rien de l’issue finale du dossier sur le fond.

La Cour de cassation, en tant que juridiction de droit, s’est concentrée sur la conformité de l’arrêt attaqué aux règles de procédure et d’interprétation juridique, sans se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence. Ce rappel de méthode reste central pour comprendre la portée réelle de la décision, souvent surinterprétée dans le débat public.

Le nouveau procès devant la chambre criminelle d’appel de Rabat constituera donc une étape décisive. Il devra répondre à une double exigence : garantir les droits de la défense et assurer la crédibilité de l’action judiciaire dans une affaire suivie de près par l’opinion. Au-delà du cas Ziane, c’est la capacité de la justice à trancher avec rigueur, lisibilité et sérénité qui se trouve une nouvelle fois placée sous observation.

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