L’annonce par Israël de la reconnaissance de l’indépendance d’un territoire séparatiste en Somalie a suscité une condamnation large et coordonnée dans le monde arabe et islamique. De nombreux États et organisations régionales ont dénoncé une décision jugée contraire au droit international, attentatoire à la souveraineté somalienne et porteuse de graves risques pour la stabilité de la Corne de l’Afrique.
Des positions officielles, tant individuelles que conjointes, ont été exprimées par la Turquie, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, la Palestine, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, le Yémen et Djibouti, ainsi que par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et la Ligue des États arabes. Le gouvernement somalien a, de son côté, réaffirmé son rejet catégorique de cette reconnaissance.
Ankara en première ligne
En Turquie, le directeur de la communication de la présidence, Burhanettin Duran, a qualifié la décision israélienne de « violation flagrante du droit international ». Dans un message public, il a dénoncé une initiative « irresponsable » du gouvernement de Benyamin Netanyahou, accusé de saper les efforts de paix et de stabilité régionale. Ankara a appelé la communauté internationale à adopter une position commune et a réitéré son soutien ferme à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie.
Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Öncü Keçeli, a également condamné ce qu’il a décrit comme un nouvel « acte illégal », y voyant une ingérence manifeste dans les affaires intérieures somaliennes. Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a multiplié les consultations téléphoniques avec ses homologues égyptien, saoudien et jordanien, ainsi qu’avec des responsables américains, afin d’évaluer les implications régionales de cette décision.
Front diplomatique arabe
Le Caire a fait état d’échanges entre les ministres des Affaires étrangères d’Égypte, de Somalie, de Turquie et de Djibouti, tous unanimes pour condamner la reconnaissance israélienne et réaffirmer leur soutien à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie. Les discussions ont également insisté sur le rejet de toute tentative visant à imposer un fait accompli ou à créer des entités parallèles en violation de la légalité internationale.
L’Arabie saoudite a, pour sa part, dénoncé des « mesures unilatérales séparatistes » incompatibles avec le droit international, tout en réaffirmant son appui aux institutions légitimes de l’État somalien. Des positions similaires ont été exprimées par le Koweït et le Qatar, ce dernier qualifiant la reconnaissance de « précédent dangereux » et appelant Israël à se conformer au consensus international, notamment en reconnaissant l’État palestinien et en mettant fin durablement à la guerre à Gaza.
Le Yémen et l’Irak ont également condamné une atteinte grave à la souveraineté somalienne. Bagdad, qui préside actuellement la Ligue des États arabes, a averti des conséquences déstabilisatrices d’une telle initiative pour la sécurité régionale et internationale.
Condamnations régionales et internationales
La Jordanie a rejeté toute tentative de création d’entités parallèles menaçant l’unité de la Somalie, tandis que la Palestine a estimé que cette reconnaissance s’inscrivait dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale. La Ligue des États arabes, par la voix de son secrétaire général Ahmed Aboul Gheit, a qualifié la démarche israélienne de « provocatrice et inacceptable », la jugeant contraire aux principes fondamentaux du droit international.
L’OCI et le CCG ont, eux aussi, condamné fermement cette reconnaissance, la considérant comme une atteinte directe à la souveraineté somalienne et un facteur de tensions accrues dans la Corne de l’Afrique.
Une reconnaissance largement rejetée
Israël a justifié son annonce en l’inscrivant dans l’esprit des accords d’Abraham. Cette position a été unanimement rejetée par les capitales arabes et islamiques. Le gouvernement somalien a réaffirmé que la région dite du « Somaliland » fait partie intégrante et indivisible de la République fédérale de Somalie, et qu’aucune reconnaissance ou arrangement extérieur ne saurait remettre en cause cette réalité.
Mogadiscio a enfin averti qu’il ne tolérerait ni bases militaires étrangères ni dispositifs susceptibles d’entraîner le pays dans des conflits par procuration, soulignant son attachement à la souveraineté nationale et à la stabilité régionale.
