Par Clara Riveros, correspondante de Hoy24 à Bogotá
La justice fédérale américaine a remis le Venezuela sous les projecteurs judiciaires internationaux. Le tribunal du district sud de New York a rendu publique une accusation élargie pour narcoterrorisme visant Nicolás Maduro, approfondissant celle déposée en 2020. Le texte décrit un système criminel présumé, actif depuis plus de vingt ans, qui aurait mobilisé des structures étatiques pour faciliter l’acheminement de cocaïne vers les États-Unis.
Cette “accusation substitutive” introduit des éléments nouveaux. Pour la première fois, elle met en cause l’épouse du chef de l’État, Cilia Flores, ainsi qu’un de ses fils. Le nombre de personnes poursuivies passe à six, tandis que Diosdado Cabello demeure inculpé. Les chefs d’accusation reprennent quatre axes majeurs : narcoterrorisme, conspiration pour l’importation de cocaïne et infractions liées aux armes.
Selon les procureurs, l’enquête de la Drug Enforcement Administration établit que Maduro aurait dirigé le Cartel de los Soles, impliquant de hauts responsables militaires. L’acte d’accusation avance que la drogue aurait servi d’outil stratégique, au-delà de l’enrichissement et du maintien au pouvoir.
La dimension politique est centrale. En 2025, Marco Rubio a qualifié Maduro de fugitif de la justice américaine, et Washington a porté à 50 millions de dollars la récompense pour son arrestation. Le texte rappelle la contestation internationale des élections de 2018 et les critiques renouvelées lors du scrutin de 2024.
Les chiffres évoqués sont considérables : entre 200 et 250 tonnes de cocaïne auraient transité chaque année par le territoire vénézuélien vers 2020. Les alliances citées incluent les FARC, l’ELN, le Cartel de Sinaloa, Los Zetas et le Tren de Aragua. Le dossier mentionne l’usage de passeports diplomatiques et d’infrastructures contrôlées par l’État.
L’affaire reste entre les mains du juge Alvin K. Hellerstein. Les précédents de Manuel Noriega et Juan Orlando Hernández montrent que des dirigeants latino-américains ont déjà été jugés aux États-Unis. La portée effective de cette accusation dépendra d’un élément clé : la capacité à transformer l’acte judiciaire en réalité procédurale.

