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Au Venezuela, l’armée soutient Delcy Rodríguez pour assurer la continuité du pouvoir

04 janvier 2026 - 19:42

La capture de Nicolás Maduro par une opération militaire américaine a ouvert une phase d’incertitude institutionnelle aiguë au Venezuela. Face à ce choc politique, les forces armées ont rapidement tranché sur l’essentiel : garantir la continuité de l’État. Ce dimanche, la Force armée nationale bolivarienne a affiché son soutien à Delcy Rodríguez, appelée par le Tribunal suprême de justice à exercer les fonctions de présidente par intérim.

Le message, lu par le ministre de la Défense Vladimir Padrino López, s’inscrit dans une logique de stabilisation. L’armée reconnaît la décision du TSJ tout en affirmant que Nicolás Maduro demeure, selon elle, le chef de l’État légitime. Cette position ambivalente reflète la ligne suivie par l’appareil militaire : préserver l’ordre institutionnel sans rompre formellement avec le leadership chaviste.

La haute juridiction a justifié son choix par le caractère exceptionnel de la situation, qualifiée de circonstance de force majeure. L’objectif affiché consiste à assurer la continuité administrative et la défense nationale, sans statuer à ce stade sur la nature juridique définitive de l’absence présidentielle. Cette prudence juridique traduit une volonté de gagner du temps dans un contexte hautement instable.

Le fondement constitutionnel repose sur l’article 234, qui permet au vice-président exécutif d’assumer temporairement les fonctions présidentielles. Ce mécanisme ouvre une période transitoire où l’équilibre réel du pouvoir dépend moins des textes que des rapports de force. Dans ce cadre, le rôle de l’armée devient déterminant.

La FANB a également réaffirmé son soutien à l’état de commotion extérieure, un dispositif d’exception qui confère à l’exécutif des pouvoirs élargis. Ce cadre autorise notamment la mobilisation générale des forces armées et la prise de contrôle immédiate des infrastructures stratégiques, en particulier dans les secteurs de l’énergie et des services publics.

Ce double soutien — à Delcy Rodríguez et au régime d’exception — confirme que l’armée entend rester le pilier central de la gouvernabilité à court terme. Le discours officiel insiste sur la stabilité, mais il révèle surtout une réalité politique : la transition, si transition il y a, sera strictement encadrée par l’appareil sécuritaire.

Dans un système où la légalité constitutionnelle cohabite avec une forte logique de pouvoir, la désignation de Delcy Rodríguez apparaît comme une solution de continuité plus que comme un changement. Le devenir politique du pays dépendra désormais de la durée de l’absence de Maduro, des pressions extérieures et de la capacité des forces armées à maintenir leur cohésion interne.

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