Rabat – Le secteur de la pêche côtière et artisanale au Maroc a enregistré en 2025 un net repli des volumes commercialisés, malgré la progression de plusieurs segments à forte valeur ajoutée. Selon les dernières statistiques publiées par l’Office national des pêches (ONP), les débarquements ont atteint 1.132.801 tonnes, en baisse de 15 % par rapport à 2024.
En valeur, les produits de la pêche côtière et traditionnelle ont généré 10,11 milliards de dirhams, soit un recul plus modéré de 4 % en glissement annuel. Cet écart entre volume et valeur traduit une recomposition progressive de la structure des captures, avec une meilleure performance de certaines espèces à plus forte rentabilité.
Par catégorie de produits, la valeur des coquillages affiche une progression spectaculaire de +577 %, portée par une forte reprise de la demande et une amélioration des circuits de commercialisation. Les algues marines enregistrent également une hausse significative de +25 %, tandis que le poisson blanc progresse de +7 % en valeur.
À l’inverse, les poissons pélagiques, qui représentent historiquement le socle des volumes débarqués, voient leur valeur reculer de 8 %. Les céphalopodes et les crustacés connaissent eux aussi des baisses respectives de 6 % et 1 %, confirmant une contraction globale des segments traditionnels.
En termes de volumes, la dynamique est contrastée. Les débarquements de coquillages ont bondi de +840 %, atteignant 956 tonnes, tandis que les algues progressent de +21 % à 27.010 tonnes. Le poisson blanc affiche une légère hausse de +7 %, à 137.569 tonnes.
À l’opposé, les volumes de poissons pélagiques et de céphalopodes reculent chacun de 18 %, pour s’établir respectivement à 909.750 tonnes et 49.876 tonnes. Les crustacés enregistrent également un repli de 6 %, à 7.640 tonnes.
Sur le plan géographique, les ports atlantiques concentrent l’essentiel de l’activité avec 1.117.732 tonnes débarquées, en baisse de 15 %, pour une valeur de 9,46 milliards de dirhams (–5 %). À l’inverse, les ports méditerranéens affichent une dynamique plus favorable, avec 15.069 tonnes (+7 %) et une valeur de 651,16 millions de dirhams (+3 %).
Ces évolutions confirment une phase de transition du secteur halieutique marocain, marqué par la contraction des volumes traditionnels et une montée progressive des filières spécialisées. La question centrale reste désormais celle de la durabilité des ressources, de la modernisation des chaînes de valeur et de l’adaptation des politiques publiques à un environnement maritime plus contraint sur les plans écologique et économique.
