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Indignation au Royaume-Uni après les propos de Trump sur les alliés de l’OTAN en Afghanistan

24 janvier 2026 - 11:10

Les déclarations de Donald Trump sur le rôle des alliés de l’OTAN en Afghanistan ont provoqué une vive réaction au Royaume-Uni. Dans un entretien accordé à Fox News, l’ancien président américain a affirmé que les partenaires de Washington étaient restés « un peu en retrait » des lignes de front, ajoutant que les États-Unis « n’avaient jamais eu besoin d’eux ».

À Londres, la réponse n’a pas tardé. Le Premier ministre Keir Starmer a jugé ces propos « insultants » et « déplorables », soulignant la douleur qu’ils ravivent chez les familles des soldats tombés ou blessés. Il a ajouté que, tenus par erreur, de tels mots appelleraient des excuses immédiates.

Le gouvernement britannique rappelle que les forces armées du pays ont payé un lourd tribut lors de l’intervention menée sous l’égide de l’OTAN après les attentats du 11 septembre 2001. Le Royaume-Uni a perdu 457 soldats en Afghanistan, le bilan le plus lourd après celui des États-Unis, et plus de 150 000 militaires britanniques y ont été déployés sur vingt ans.

Au-delà du gouvernement, l’indignation traverse l’échiquier politique. La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a dénoncé des propos « absurdes », rappelant que les troupes britanniques, canadiennes et européennes « ont combattu et sont mortes aux côtés des Américains ». Plusieurs ministres et parlementaires ont insisté sur le caractère factuel de cet engagement commun, loin de toute lecture réductrice.

Les réactions ne se limitent pas au Royaume-Uni. D’autres alliés rappellent leurs pertes : 158 soldats canadiens, 89 français et 44 danois ont perdu la vie en Afghanistan. Autant de chiffres qui nourrissent un malaise croissant face à une rhétorique américaine perçue comme désinvolte à l’égard d’un effort militaire collectif.

Au-delà de la polémique, l’épisode ravive une question sensible au sein de l’Alliance atlantique : la reconnaissance politique du sacrifice partagé. Pour Londres comme pour ses partenaires, la mémoire des opérations en Afghanistan demeure un marqueur de solidarité, que les déclarations à l’emporte-pièce peinent à effacer.

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