Des responsables gouvernementaux ainsi que des acteurs institutionnels et professionnels ont affirmé que le développement du secteur de l’offshoring constitue un levier stratégique pour ancrer le Maroc comme pôle numérique de dimension mondiale.
Ces déclarations ont été faites mardi à Rabat lors d’une table ronde organisée autour du thème « L’offre offshoring au Maroc : un modèle renouvelé et une ambition partagée ». Les intervenants ont souligné la volonté du Royaume de rompre avec les modèles traditionnels en misant sur l’attraction d’activités à forte valeur ajoutée et sur le renforcement de son positionnement en tant que plateforme numérique de référence, tant à l’échelle régionale qu’internationale.
Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a indiqué que l’offshoring représente une véritable locomotive pour l’emploi qualifié. Il a mis en avant l’adoption par son département de dispositifs de formation flexibles, capables d’anticiper les mutations technologiques et de répondre aux besoins émergents du marché.
Selon lui, le Maroc dispose aujourd’hui d’un « réservoir de compétences » apte à satisfaire les attentes des grandes entreprises internationales, favorisant ainsi l’attraction des métiers numériques de pointe ainsi que des activités de recherche et développement, dans le cadre d’une approche axée sur la « formation pour l’emploi ».
De son côté, le président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), Omar Seghrouchni, a insisté sur le rôle central de la confiance numérique et de la protection des données dans l’attractivité de l’offre marocaine. Il a souligné que le respect des standards internationaux confère au Maroc une crédibilité accrue et le positionne comme une destination sûre pour les flux numériques transfrontaliers.
Le président de la Fédération marocaine de l’offshoring, Youssef Chraibi, a pour sa part estimé que la conjoncture actuelle marque une étape décisive pour répondre aux attentes du secteur privé et renforcer la souveraineté numérique du Royaume. Il a rappelé que le secteur a affiché une forte résilience, avec des exportations dépassant 26 milliards de dirhams à fin 2024. L’objectif à l’horizon 2030 est de porter ce chiffre à près de 40 milliards de dirhams et de créer 270 000 emplois, en positionnant le Maroc non plus uniquement comme une destination à faible coût, mais comme un pôle d’expertise, d’innovation et de valeur ajoutée.
Le directeur général de CDG Développement, Adil Chennouf, a présenté les axes opérationnels du contrat-programme 2024-2030, qui vise à transformer en profondeur le secteur à travers le développement d’activités à haute valeur ajoutée. Il a précisé que la circulaire 15/2025 instaure un cadre contractuel transparent, liant les incitations financières à la qualité des emplois créés, tout en misant sur la digitalisation des procédures et l’émergence d’une nouvelle génération de zones d’activités numériques.
Cet événement, organisé par le ministère délégué chargé de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, s’inscrit dans une démarche prospective visant à accompagner les mutations économiques et technologiques mondiales. Il a également été marqué par la signature de trois conventions majeures destinées à accélérer la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route du secteur, notamment à travers l’investissement dans la formation, le développement des Tech Valley Offshoring et l’attraction d’investissements nationaux et internationaux générateurs d’emplois qualifiés.
