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Israël annonce la réouverture partielle du point de passage de Rafah avec Gaza

30 janvier 2026 - 13:16

Israël a annoncé ce vendredi la réouverture, à partir de dimanche prochain, du point de passage de Rafah reliant l’Égypte à la bande de Gaza, pour le transit limité de personnes dans les deux sens. Le poste-frontière, placé sous contrôle militaire israélien, reste soumis à de strictes conditions de sécurité, dans un contexte humanitaire toujours extrêmement dégradé.

Dans un communiqué, le Cogat — l’organe de l’armée israélienne chargé de la gestion des affaires civiles dans les territoires palestiniens occupés — précise que cette réouverture s’inscrit dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur. À compter du 1er février, la circulation de personnes sera autorisée « de manière restreinte », sous coordination avec les autorités égyptiennes et sous supervision internationale.

Le côté palestinien du passage de Rafah est sous contrôle militaire israélien depuis l’offensive menée dans le sud de Gaza en mai 2024. Sa réouverture était pourtant prévue dès la première phase de l’accord de cessez-le-feu négocié en octobre dernier sous l’égide de Washington, sans avoir été mise en œuvre jusqu’à présent.

Selon les modalités annoncées, l’entrée et la sortie de Gaza par Rafah se feront avec l’autorisation sécuritaire préalable d’Israël, en coordination avec l’Égypte et sous la surveillance d’une mission de l’Union européenne, sur le modèle du mécanisme appliqué début 2025. Le dispositif prévoit toutefois un double filtrage : après un premier contrôle d’identification effectué par la mission européenne, les personnes devront se soumettre à une seconde procédure de vérification opérée par l’armée israélienne dans une zone placée sous son contrôle direct.

Les autorités israéliennes indiquent que le retour des Palestiniens ayant quitté Gaza via l’Égypte ne sera autorisé qu’au cas par cas, après validation sécuritaire. Cette condition suscite de fortes inquiétudes parmi les organisations humanitaires, qui redoutent que la réouverture du passage serve davantage à faciliter des sorties qu’à garantir le retour des déplacés, contribuant de facto à un nouvel exode de la population palestinienne.

Avant la guerre, le point de passage de Rafah constituait une artère essentielle pour l’entrée de marchandises et de personnes dans la bande de Gaza. Aujourd’hui, son importance est avant tout humanitaire. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 16.500 blessés et malades graves ont un besoin urgent d’évacuation médicale hors du territoire pour recevoir des soins spécialisés indisponibles à Gaza.

Malgré l’annonce israélienne, de nombreuses zones d’ombre demeurent quant à l’ampleur réelle de la réouverture, au nombre de personnes concernées et au calendrier effectif des passages. Pour les acteurs humanitaires et les observateurs internationaux, Rafah reste ainsi un baromètre clé de la volonté politique de traduire le cessez-le-feu en améliorations concrètes pour la population civile de Gaza.

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