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Iran : les figures du Mouvement vert brisent le silence et accusent le régime

02 février 2026 - 11:03

Deux figures historiques de l’opposition iranienne, Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, chefs de file du Mouvement vert de 2009, ont publiquement mis en cause la responsabilité directe des dirigeants de la République islamique dans ce qu’ils qualifient de « situation catastrophique » du pays. Après la répression sanglante des récentes manifestations, ils appellent sans détour à un départ du pouvoir et à une transition politique.

Ancien Premier ministre (1981-1988), Mir Hossein Mousavi a dénoncé la mort de manifestants sous les balles des forces de sécurité, parlant d’un épisode « horrible et noir » de l’histoire contemporaine iranienne. Dans un communiqué largement relayé et violemment critiqué par les milieux conservateurs, il propose une réforme constitutionnelle par référendum.

« Je propose l’organisation d’un référendum constitutionnel à travers la formation d’un large front national, fondé sur trois principes : la non-ingérence étrangère, le rejet de l’autoritarisme interne et une transition démocratique pacifique », écrit-il.

Assigné à résidence depuis quinze ans pour avoir contesté la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, Mousavi insiste sur un point central : la paix et la sécurité durables ne peuvent venir d’une intervention étrangère. Un message qui intervient alors que les États-Unis ont renforcé leur présence militaire près des eaux iraniennes, sur fond de menaces du président Donald Trump liées au dossier nucléaire et à la répression intérieure.

Selon Mousavi, la brutalité du système clérical « ouvre la voie à une agression militaire étrangère ». Le bilan officiel fait état de 1 117 morts, tandis que des ONG comme HRANA avancent plus de 6 300 victimes. Face à ce constat, il appelle la population à poursuivre la mobilisation et exhorte les forces armées à « poser les armes ».

« Comment le peuple doit-il encore dire qu’il ne veut plus de ce système ? Le jeu est terminé », lance celui qui fut autrefois un proche de l’ayatollah Khomeiny.

Une accusation frontale contre le guide suprême

De son côté, Mehdi Karroubi, ancien président du Parlement, met directement en cause le guide suprême Ali Khamenei, qu’il tient pour responsable de la « situation catastrophique » du pays en raison de « politiques internes et externes destructrices ». Il cite notamment l’acharnement sur le programme nucléaire et le poids des sanctions internationales.

Selon Karroubi, l’ampleur de la répression a détruit la confiance au point qu’« une partie significative de la population n’est même plus disposée à écouter les avertissements concernant les risques d’une intervention militaire étrangère ». Lui-même a été assigné à résidence de 2011 à 2025.

La réaction du camp conservateur ne s’est pas fait attendre. Le Parti de la Coalition islamique a qualifié le texte de Mousavi de « venimeux » et « mensonger », affirmant qu’il ne reflète en rien la volonté du peuple iranien, mais celle de « groupuscules déviants inféodés à l’impérialisme ».

Après des semaines de contestation déclenchées par la crise économique puis transformées en rejet politique du régime, l’Iran vit aujourd’hui une accalmie tendue, imposée par la force. En arrière-plan, la perspective d’un affrontement avec Washington continue de planer sur le pays persan.

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