La confrontation diplomatique entre Iran et l’Union européenne s’est nettement intensifiée ce dimanche. Les autorités iraniennes ont annoncé que les armées des États membres de l’UE seraient désormais considérées comme des organisations terroristes, en réaction à la décision européenne d’inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur sa liste noire.
L’annonce a été faite au Parlement par son président, Mohamad Baqer Qalibaf, qui s’est appuyé sur la loi iranienne sur les mesures réciproques, adoptée en 2019. Selon lui, la désignation du CGRI comme organisation terroriste appelle une réponse « symétrique », dont « la responsabilité incombe à l’Union européenne ».
Dans ce cadre, le Parlement a saisi sa Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère afin d’examiner des mesures concrètes, y compris la qualification de terroristes des attachés militaires européens en poste à Téhéran. Une initiative à forte portée symbolique, mais aux conséquences diplomatiques potentiellement lourdes.
Cette escalade intervient après l’accord politique conclu par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept pour sanctionner le CGRI, en raison de son rôle dans la répression des manifestations ayant secoué l’Iran. Les autorités iraniennes évoquent un bilan officiel de plus de 3 000 morts, tandis que des organisations de défense des droits humains avancent des chiffres bien plus élevés, faisant état de milliers de blessés et de dizaines de milliers d’arrestations.
La loi invoquée par Téhéran avait été promulguée à la suite de la décision américaine, en 2019, d’inscrire la Garde révolutionnaire sur la liste des organisations terroristes. Elle autorise l’Iran à adopter des contre-mesures juridiques et politiques à l’encontre de tout État suivant cette voie.
Dès la veille, le chef de la diplomatie iranienne avait averti que l’UE « paierait le prix » de sa décision. L’annonce parlementaire confirme une stratégie d’escalade contrôlée, mêlant rhétorique et leviers juridiques, qui fragilise davantage des relations déjà marquées par une profonde défiance.
