La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté mardi à Doha la vision du Maroc en matière d’administration publique fondée sur l’intelligence artificielle, à l’occasion d’une session de haut niveau organisée dans le cadre du Web Summit Qatar 2026.
Intervenant lors d’un panel consacré à « l’administration à l’ère de l’IA », la ministre a mis l’accent sur le rôle structurant des technologies intelligentes dans l’accélération de la transformation numérique, la modernisation de l’action publique et l’amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens. Elle a souligné que l’approche marocaine repose sur une administration guidée par la donnée, capable d’orienter plus finement les politiques publiques et de soutenir une croissance inclusive et durable.
Au cœur de son intervention, Amal El Fallah Seghrouchni a insisté sur l’intérêt stratégique d’un renforcement de la coopération régionale dans le domaine du numérique. Elle a notamment rappelé le lancement, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement, du pôle « Digital for Sustainable Development » (D4SD), destiné à structurer la coopération numérique en Afrique et dans le monde arabe, à favoriser le partage d’expertise et à consolider les capacités en matière d’innovation et d’intelligence artificielle.
La ministre a également plaidé pour le développement de modèles d’IA adaptés aux réalités linguistiques et culturelles de la région, en particulier à travers des modèles linguistiques de grande taille, déployables localement et reproductibles. Cette orientation, a-t-elle expliqué, s’inscrit dans la dynamique nationale impulsée par la rencontre « AI Made in Morocco », organisée récemment à Rabat, et vise à renforcer la souveraineté technologique tout en stimulant l’innovation locale et la montée en compétences.
Sur le plan de la gouvernance, la responsable gouvernementale a mis en avant la nécessité d’un encadrement responsable de l’intelligence artificielle, fondé sur la confiance, la transparence et la protection des droits fondamentaux. Elle a rappelé, à ce titre, l’importance de la cybersécurité et de la protection des données personnelles pour installer un environnement numérique fiable et sécurisé.
Enfin, Amal El Fallah Seghrouchni a passé en revue plusieurs chantiers structurants engagés par le Maroc, notamment en matière d’interopérabilité des systèmes publics, de numérisation des services administratifs et de simplification des parcours des usagers. Parmi eux figure le projet de « portefeuille numérique », appelé à faciliter l’accès des citoyens aux services publics en ligne, ainsi que le déploiement du réseau 5G, présenté comme une infrastructure clé pour le développement des usages avancés de l’IA et le succès des grands événements internationaux à venir.
