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Minéraux critiques : le Maroc plaide à Washington pour des partenariats fiables et équilibrés

05 février 2026 - 12:31

Réuni mercredi à Washington à l’invitation du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le forum ministériel sur les minéraux critiques a donné lieu à une prise de position structurante du Maroc. Intervenant à cette occasion, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a mis en avant la « pertinence géostratégique incomparable » du Royaume dans ce secteur clé, sous le leadership de Mohammed VI.

Selon le chef de la diplomatie marocaine, l’atout du Maroc ne tient pas seulement à ses ressources ou à sa position géographique, mais aussi à la solidité de ses infrastructures, à sa stabilité politique et à sa fiabilité en tant que partenaire. Autant d’éléments qui, a-t-il souligné, font du Royaume un acteur crédible dans un contexte international marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Nasser Bourita a tenu à recadrer le débat : « Le monde ne manque ni de minéraux ni de terres rares. Ce qui lui manque, c’est un développement responsable, un langage de confiance entre les nations et des cadres transparents où le partenariat remplace la dépendance ». Il a ainsi appelé à un « pacte de loyauté » entre producteurs, transformateurs et utilisateurs, fondé sur le respect stratégique et l’équilibre souverain, loin des logiques idéologiques.

Dans cette architecture renouvelée, l’Afrique doit, selon lui, occuper une place centrale. Le ministre a rappelé l’appel lancé par le Souverain marocain lors du Forum Ibrahim Governance Weekend 2025, soulignant que le continent, qui concentre près de 40 % des réserves mondiales de matières premières et 30 % des minéraux critiques, ne peut plus se limiter à l’exportation brute de ses richesses. L’enjeu est désormais l’investissement dans les infrastructures, les compétences et la gouvernance afin de transformer ces ressources en croissance durable et en emplois.

Critiquant une mondialisation minière « ni libre, ni équitable, ni résiliente », Nasser Bourita a estimé que les déséquilibres actuels ont fait des minéraux critiques un instrument de pression plutôt qu’un levier de prospérité partagée. « Si ce siècle doit être celui des minéraux critiques, qu’il soit aussi celui de partenariats fiables, du respect mutuel et d’une stabilité partagée », a-t-il conclu.

En marge de cette réunion tenue à Washington, le Maroc et les États-Unis ont franchi un pas supplémentaire en signant un mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine des minéraux critiques et des terres rares, ouvrant la voie à un partenariat structuré et de long terme.

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