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Andalousie sous tension face à l’arrivée de la tempête Marta

07 février 2026 - 13:18
Le Guadalquivir, à son passage par la ville de Cordoue, débordant de son lit ce vendredi. (Source El País)

Épuisée par des semaines de pluies continues, l’Andalousie retient son souffle à l’approche de la tempête Marta. Avec des milliers de personnes déplacées, des infrastructures saturées et des cours d’eau proches de la crue, les autorités redoutent une aggravation de la situation. Ces épisodes extrêmes rappellent la fragilité croissante du bassin méditerranéen, alors que le nord du Maroc a lui aussi connu récemment des inondations liées aux intempéries.


L’Andalousie traverse l’un des épisodes météorologiques les plus graves de ces dernières années. À peine la tempête Leonardo a-t-elle quitté la région que les autorités se préparent déjà à l’impact d’une nouvelle perturbation baptisée Marta. Le bilan provisoire est lourd : plus de 11 000 personnes évacuées, une victime mortelle, des villages isolés, des axes routiers coupés et des infrastructures saturées par des semaines de pluies continues. « Cela n’est pas terminé », a averti le président de la Junte d’Andalousie, Juan Manuel Moreno, alors que plusieurs provinces restent placées en alerte orange et jaune.

Selon El País, les réservoirs andalous sont proches de leur capacité maximale et plusieurs fleuves, notamment le Guadalquivir, ont déjà débordé. À Cordoue, le niveau du fleuve a atteint des seuils historiques, entraînant des évacuations préventives dans les zones inondables. À Jerez, dans la province de Cadix, des milliers d’habitants des zones rurales ont dû quitter leurs habitations, tandis qu’à Malaga, la découverte du corps d’une femme emportée par les eaux a ravivé l’émotion dans une région déjà éprouvée.

Cette situation dramatique ne concerne pas uniquement l’Espagne. Le Maroc, et plus particulièrement son nord, a également subi ces derniers jours de fortes pluies liées au même système dépressionnaire. Dans plusieurs provinces du Rif et du nord-ouest, les précipitations intenses ont provoqué des inondations locales, des coupures de routes et des perturbations dans les zones urbaines et rurales. Si le bilan humain y est resté limité, les dégâts matériels et les difficultés de circulation ont mis en évidence la fragilité de certains territoires face aux épisodes climatiques extrêmes.

Pour les observateurs marocains, ce qui se passe en Andalousie agit comme un signal d’alarme. Les deux rives partagent une géographie et un climat méditerranéens de plus en plus exposés à des phénomènes violents et répétés. Les experts soulignent que l’accumulation de pluies sur des sols déjà saturés accroît mécaniquement les risques d’inondations soudaines, aussi bien en Espagne qu’au Maroc.

À Séville, Cordoue ou Grenade, les autorités espagnoles estiment déjà les dégâts à plusieurs centaines de millions d’euros, notamment sur le réseau routier et les infrastructures publiques. Des plans de reconstruction ont été annoncés, avec un recours possible aux fonds européens de solidarité. Cette réponse institutionnelle trouve un écho au Maroc, où la question de l’adaptation des infrastructures, de la gestion des bassins versants et de l’anticipation des crises climatiques s’impose de plus en plus dans le débat public.

Au-delà de l’urgence, ces épisodes rappellent une réalité partagée : face au changement climatique, les catastrophes naturelles ignorent les frontières. Pour le Maroc comme pour l’Espagne, la coordination régionale, l’investissement dans la prévention et le renforcement des systèmes d’alerte deviennent des enjeux stratégiques, afin que les prochaines tempêtes ne se transforment pas, une fois encore, en drames humains et économiques.

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